L’EXPIATION 5 SUR 5 - LA MORT DE CHRIST COMME DÉMONSTRATION DE LA JUSTICE DE DIEU

 

 

 

 

Un autre point de vue erroné de l'Expiation est : "la théorie gouvernementale de l'expiation". C'est une position de compromis entre la vision orthodoxe

et la théorie de l'influence morale des adeptes du socinianisme et des libéraux modernes. La théorie gouvernementale soutient que la mort de Christ était

une démonstration de la colère de Dieu contre le péché, et non un paiement réel en faveur des pécheurs. Selon ce point de vue, la croix démontre à la

fois la colère de Dieu contre le péché (qu'on voit dans la sévérité des souffrances de Christ) et l'amour de Dieu (qu'on voit dans l'acceptation de Christ

de subir ces souffrances. Cependant, selon ce point de vue, ses souffrances ne constituaient pas un paiement substitutif pour les péchés de qui que ce

soit. La mort de Christ était seulement une démonstration publique de ce qu'était la colère de Dieu contre le péché, et non une vraie substitution qui

payait la dette des pécheurs. Ainsi, plutôt que de satisfaire la justice divine en notre faveur, la mort de Christ sert à conduire les pécheurs à la repentance

par la révélation de la bonté et de la sévérité de Dieu. Comme les adeptes du socinianisme, les défenseurs de la théorie gouvernementale croient que Dieu

pardonne les péchés sans un paiement, en mettant simplement de côté la pénalité du péché pour ceux qui se repentent.

La théorie gouvernementale aborde l'Expiation d'un point de vue légal. La loi de Dieu et son gouvernement moral ont été défiés par le péché. La mort de

Christ révèle aux pécheurs la sévérité de la loi de Dieu contre le péché. Par conséquent, la dignité et la norme de la loi sont ainsi maintenues, et Dieu

peut être juste en pardonnant, même s'il n'insiste pas sur la pénalité du péché.

Selon ce point de vue, Christ n'a pas réellement payé le prix du péché pour qui que ce soit. Comme le point de vue des adeptes du socinianisme, cette théorie

suggère que l'Expiation n’a rien accompli d'objectif en faveur du pécheur ; ce n'était qu'un geste symbolique. La Rédemption est donc premièrement une

question subjective qui dépend totalement de la réponse du pécheur. La théorie gouvernementale mène obligatoirement à une forme extrême d'arminianisme,

(une doctrine qui met l'accent sur la responsabilité humaine au détriment de la souveraineté divine) ou même de pélagianisme (qui nie l'incapacité de l'homme

déchu de se sauver lui-même).

Le premier défenseur de la théorie gouvernementale fut Hugh Grotius, un théologien hollandais du début du XVIIe siècle. La théorie de Grotius fut embrassée

par plusieurs théologiens de la Nouvelle-Angleterre au XVIIe et XVIIIe siècle, y compris charles Finney. La théorie gouvernementale jouit une fois de plus

d'un réveil avec l'influence de groupes comme Jeunesse en Mission (JEM) et de plusieurs auteurs chrétiens populaires et de conférenciers pour les jeunes.

Sa tendance est toutefois mortelle. La théorie gouvernementale altère l'Évangile en sorte qu'au lieu d'être un message sur ce que Dieu a fait pour les

pécheurs, on met l'accent sur ce que le pécheur doit faire. Amenée à sa conclusion logique, elle implique souvent un rejet de la doctrine cruciale de

la justification par la foi. Comme dans la théorie des adeptes du socinianisme, dans la théorie gouvernementale de l'Expiation, c'est le pécheur qui doit

finalement se réformer et se racheter lui-même.

Georges Otis, défenseur contemporain de la théorie gouvernementale, décrit le dilemme moral que son point de vue vise à résoudre :

Dieu aime l'homme, il l'aime tellement qu'il veut une communion intime avec lui. Mais il reconnaît également que le péché est une chose horrible et puissante,

et il ne veut pas qu'il commence à se répandre sans frein dans l'univers. Et pour permettre à lhomme de comprendre ce qu'il pense du péché, et l'horreur

véritable du péché, il l'a sanctionné, et cette sanction c'était la mort.

Alors, qu'est-ce que Dieu va faire? Va-t-il effectivement accepter le péché et dire : "D'accord, je sais que j'ai dit :"l'âme qui pèche mourra sûrement",

mais dans ce cas, l'âme qui pèche vivra, parce que je vous aime vraiment et que je ne veux pas vraiment que vous mourriez"?

Mais alors, qu'arrivera-t-il quand une autre personne péchera? Dieu l'aime vraiment aussi. Et il en sera de même pour une autre personne, et bientôt, personne

ne mourra pour ses péchés. Mais l'autre option, évidemment, c'est que tous meurent. Et cela n'est pas une option bien intéressante non plus. Voilà donc

le problème gouvernemental de Dieu. Comment Dieu peut-il, à titre de juste gouverneur moral de l'univers, dont la responsabilité est de maintenir la loi

de l'univers, maintenir la justice et protéger la société. Comment va-t-il régler ce dilemme? C'est le problème gouvernemental de Dieu.

Selon otis, Dieu a réglé "le dilemme" en faisant une démonstration saisissante de la justice divine par la mort de Christ. Otis cite Romains 3.25 : "C'est

lui que Dieu a destiné à être par son sang pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis

les péchés commis auparavant, au temps de sa patience."

Négligeant le concept crucial de la propitiation (qui parle nécessairement de satisfaire la colère de Dieu), Otis se concentre sur le verbe montrer et

insiste pour dire que la mort de Christ n'était qu'une démonstration de la justice divine, et non un vrai paiement pour le péché. il dit :

Christ n'a pas payé la dette ni littéralement subi le châtiment de la loi pour son peuple. Il a préparé la voie pour que notre dette soit remise. Ou, en

langage clair, en évitant toute métaphore, il a fait en sorte qu'il soit logique, juste et honorable que le péché soit pardonné selon les termes prescrits

par l'Évangile.

La vérité c'est que Christ n'a payé la dette d'aucun homme.

Faisant écho au point de vue historique des adeptes du socinianisme et de ceux de la théorie gouvernementale, Otis prétend aussi que le pardon des péchés

n'exige aucun paiement :

Sur une base personnelle, Dieu pourrait dire aussitôt qu'on commet un péché : "Hé! Je te pardonne". Il ne garde ni rancune ni amertume. Il n' apas besoin

d'être payé en retour avant de pouvoir pardonner. Il aime sans conditions. Mais il doit faire attention dans son rôle, non comme notre Père, mais comme

gouverneur juste et moral de l'univers, en accordant le pardon de ne pas encourager les autres à pécher. Il ne peut faire cela.

Ainsi donc, selon la théorie gouvernementale, l'Expiation n'était nécessaire que pour préserver la réputation de Dieu, et non comme une réelle substitution

en faveur des pécheurs.

Charles Finney a adopté ce point de vue de l'Expiation parce qu'il est parti de la prémisse que ni le péché ni la justice ne peuvent être imputés d'une

personne à une autre. Finney affirmait que l'idée d'imputation, le transfert de la culpabilité du pécheur à Christ, était fondamentalement injuste. Il

éliminait donc également le transfert de la justice de Christ au pécheur (en dépit de Rom 4.5; Ph. 3.9). Cela l'a amené à nier plusieurs doctrines évangéliques

fondamentales, comme la justification par la foi et la doctrine du péché originel.

Pour ce qui est de la justification par la foi, Finney niait que Dieu justifie les impies (voir Rom 4.5). Au lieu de cela, il disait que pour être justifiés,

les pécheurs doivent réellement devenir parfaitement justes. il a écrit :

Il ne peut y avoir aucune justification dans le sens juridique ou légal, sauf sur la base de l'obéissance universelle, parfaite et ininterrompue à la loi.

Bien entendu, cela est nié par ceux qui croient que la justification évangélique, où la justification des pécheurs repentants, est de nature légale ou

judiciaire. Ils défendent la maxime juridique selon laquelle ce qu'un homme fait par un autre, il le fait lui-même, et en conséquence, la loi considère

l'obéissance de Christ comme la nôtre, en raison du fait qu'il a obéi pour nous. À cela je réplique : Son obéissance ne pourrait que le justifier lui-même.

Elle ne pourrait jamais nous être imputée. C'était donc naturellement impossible pour lui d'obéir en notre nom.

Sur quelle base Finney croyait-il que les chrétiens devaient être justifiés? Seule leur obéissance à la loi pouvait éventuellement les justifier. Toute

l'argumentation de Finney était que le pécheur ne peut être justifié par l'imputation de la justice d'un autre. En conséquence, il ne lui restait qu'une

option : il devait endosser une théologie d'autojustification. C'était une doctrine de salut par les oeuvres, quel que soit l'angle sous lequel on considérait

la chose. En d'autres mots, c'était un évangile différent, et non le véritable christianisme.

L'héritage du cheminement théologique de Finney montre en microcosme où la théorie gouvernementale de l'Expiation mène inévitablement Finney voyait clairement

les conséquences de sa doctrine de l'Expiation. Il a carrément affirmé que non seulement la justification, mais aussi la régénération, doivent être l'oeuvre

du pécheur et non celle de Dieu. Il a écrit :

Les pécheurs doivent d'abord changer leur coeur, ou leur choix d'une fin, avant qu'ils ne puissent montrer une volonté d'en atteindre une qui ne soit pas

égoïste. Et cela est manifestement la philosophie adoptée partout dans la Bible. Cela présente uniformément ceux qui ne sont pas régénérés comme totalement

dépravés (un état purement volontaire, et non une dépravation constitutionnelle, selon Finney) et les appelle à se repentir, à se faire eux-mêmes un nouveau

coeur.

Tous ces points de vue erronés sont issus de l'engagement de Finney envers le modèle gouvernemental de l'Expiation. Ils sont l'inévitable résultat d'une

application cohérente de ce point de vue.

Le point de vue gouvernemental est souvent associé de près à un fort accent de revivalisme. Il y a un important site Web, appelé "Revival Theology resources"

qui defend cette théologie.

Mais le revivalisme vous verrez associé à la théorie gouvernementale de lExpiation met inévitablement un fort accent sur l'homme. Les revivalistes insistent

sur le fait que le réveil est le résultat de choix et d'actions humaines, et non l'oeuvre souveraine de Dieu. En fait, tout l'accent de cette théologie

n'est pas mis sur ce que Dieu fait en notre faveur, mais sur ce que nous devons faire pour nous rendre meilleurs.

Voilà le résultat inévitable d'une théologie qui présente l'Expiation comme autre chose que l'oeuvre objective de Dieu en faveur de ceux qu'il rachète.

Niez que l'Expiation signifie que Christ a payé pour le péché en faveur des pécheurs, et vous devrez inévitablement définir le salut en termes de ce que

le pécheur doit faire.

Cela oblige également à donner une autre définition à la signification de la croix. Plutôt que de mettre l'accent sur ce que Christ y a accompli, les

adeptes de la théorie gouvernementale doivent définir la croix Plutôt que de mettre l'accent sur ce que Christ y a accompli, les adeptes de la théorie

gouvernementale doivent définir la croix en termes du changement qu'elle peut effectuer dans le coeur humain. Plutôt que de voir la mort de Christ comme

une oeuvre objective achevée, cette théorie définit l'Expiation comme un potentiel subjectif. Georges Otis, dont les messages sur l'expiation sont cités

plus haut, fournit un exemple classique de cela : "La puissance de la croix ne repose pas sur quelque sublime transaction cosmique, vague et abstraite.

La puissance de la croix, la puissance du sang de Christ, repose dans sa capacité de soumettre littéralement le coeur humain"

En qualifiant l'Expiation substitutive de "quelque transaction immensément sublime, vague et abstraite", otis dénigre l'idée d'une oeuvre objective achevée.

Il ne lui reste que les éléments subjectifs du salut. C'est le résultat inévitable de la théorie gouvernementale de l'Expiation. Et comme nous le voyons

dans les héritages laissés par Charles Finney et par de nombreux autres défenseurs de cette vision, les résultats sont finalement fatals pour le véritable

évangile.

LA VÉRITÉ : LA MORT DE CHRIST COMME SUBSTITUTION PÉNALE

Voici la vraie doctrine de l'Expiation telle qu'elle est enseignée par la Bible : Christ est mort à la place des pécheurs, il s'est substitué à eux. Dieu

a imputé la culpabilité de leurs transgressions à Christ et ensuite, il l'a puni pour elle. La justice de Christ est également imputée à ceux qui croient.

Cela, vous pouvez le voir dans le texte intitulé :

"Le pardon",

au chapitre 1, mais permettez-moi de revoir quelques textes bibliques qui soulignent ces vérités :

Ésaïe 53.5,6 : "Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses

meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l'Éternel a fait retomber sur lui l'iniquité

de nous tous."

2 Corinthiens 5.21 : "Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu."

Galates 3.13 ; "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu

au bois."

1 Pierre 2.24 :"Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures

duquel vous avez été guéris."

1 Pierre 3.18 :"Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu; il a été mis à mort quant à

la chair, et rendu vivant quant à l'Esprit."

1 Jean 2.2 : "Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés."

L'Expiation est le paiement complet du prix des péchés, pour satisfaire à la fois la colère et la justice de Dieu, de manière à ce qu'il puisse pardonner

les péchés sans compromettre sa propre norme de sainteté.

Tel que mentionné plus haut, A.A.Hodge affirme que tous les éléments de ce point de vue ont constitué une part essentielle de la doctrine chrétienne depuis

le début : "Avec peu d'exceptions, depuis le début l'Église a endossé la doctrine de la Rédemption dans le sens d'une propitiation littérale de Dieu au

moyen de l'Expiation du péché. Hodge a aussi indiqué que plus la conception qu'avait l'église de l'Expiation a été claire, plus l'Église a joui d'une vitalité

et d'une force véritables. Le déclin de la compréhension de la doctrine de l'Expiation a toujours été accompagné du déclin correspondant de la santé spirituelle

de l'Église visible.

Comme nous l'avons remarqué, cependant, durant les premiers siècles, les points de vue solides sur l'Expiation étaient mêlés à beaucoup de confusion et

souvent pratiquement masqués par la superstition engendrée par la théorie de la rançon.

Une meilleure compréhension de l'Expiation a finalement vu le jour avec les travaux d'Anselme de Canterbury (1033-1109). Anselme fut le premier théologien

à concentrer ses efforts sur la compréhension de la doctrine de l'Expiation. Le fondement qu'il a posé en définissant l'Expiation a finalement constitué

celui sur lequel la Réforme protestante s'est appuyée.

L'histoire ultérieure de l'Église révèle que quand on a souligné et compris les aspect substitutifs et pénal de l'Expiation, l'Église a prospéré. Quand

on a rejeté ou obscurci ces doctrines, l'Église a connu un grave déclin.

 

 

LES ÉGLISES DU CHRIST VOUS SALUENT (ROM. 16.16b)

 

 

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