ENTRE TIGRE ET EUPHRATE

      Enserrée entre le Caucase, le golfe Persique, les plateaux iraniens et le désert arabo-syrien, la mésopotamie n'est qu'une large vallée, drainée par le Tigre et l'Euphrate, que le géographe grec Polybe a justement appelée, au IIe siècle avant notre ère, «le pays d'entre les fleuves». Chargés de limon, ces deux fleuves ne cessent d'en remplir leur lit et coulent au-dessus de la plaine entre deux cordons d'alluvions.
      Si cette vallée est extraordinairement fertile, seule la peine des hommes peut la mettre en valeur. La crue est en effet très irrégulière et se situe au printemps. Tout au long de l'année, l'écoulement des eaux est difficile en basse Mésopotamie. Il faut donc construire tout un système de canaux pour amener l'eau des fleuves dans les champs en été et en automne, pour évacuer vers des réservoires le trop-plein de la crue de printemps qui risquerait de noyer la végétation qui sort de terre et, en toute saison pour éviter que l'eau d'irrigation ne stagne et ne dépose alors ses sels. Ce travail pénible, toujours à refaire, permet toutefois deux récoltes par an et des rendements élevés.
      Les excédents de grain, de dattes et d'huile permettent alors de faire venir de la haute Mésopotamie et des montagnes les pierres dures, absentes de ces immenses plaines argileuses et marécageuses, le bois et les minerais.