(foi pour aujourd'hui)

DIEU ET SON TEMPLE DE LA RENOMMÉE

par Bill Van Ryn



"Ne laissez pas tomber le christianisme" pourrait être l'étiquette apposée à l'épître aux Hébreux. En effet, certains Juifs convertis semblaient prêts à rendre les armes. Voilà pourquoi l'auteur de l'épître défend la supériorité du christianisme sur le judaïsme, incitant ses lecteurs à persévérer dans la foi (chapitres 1 à 10). Citant Habakuk 2.3-4, l'auteur leur rappelle que "le juste vivra de foi ; et si quelqu'un se retire, mon âme (celle de Dieu) ne prend pas plaisir en lui" (Héb. 10.38).

Le chapitre 11 débute avec une définition de la foi non théorique mais pratique, telle une expérience journalière qui était la part de nombreux juifs de l'Ancien Testament. Elle leur permettait de tenir ferme, en s'appuyant sur un Dieu qui ne laisse point tomber son peuple, même dans des situations en apparence insoutenables. Voilà pourquoi ils ont été approuvés de Dieu.

Au chapitre 12, l'argument final soutient que les épreuves rencontrées au cours d'une vie chrétienne doivent être acceptées comme étant la discipline de Dieu qui purifiera et perfectionnera notre foi. Cette foi, qui est un don de Dieu, est quelque chose de dynamique. Elle est vue dans le comportement de ceux qu'elle habite. L'Écriture la décrit comme étant "l'assurance des choses qu'on espère, et la conviction de celles qu'on ne voit pas".


Considérons donc quelques héros de la foi :


ABEL (voir Genèse 4) :  Le premier héros de la foi est aussi le premier martyr de l'histoire. Par la foi, Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que Caïn son frère, lequel s'est approché de Dieu sans la foi. L'Éternel avait sans doute révélé à Adam et à sa famille de quelle façon il fallait s'approcher de lui. Une innocente victime devait être sacrifiée. Abel par la foi répond tout simplement, et obéit aux instructions divines. Caïn ne possédant pas la foi ne put comprendre pourquoi Dieu refusait son sacrifice. Faisant fi des instructions divines, il considérait que sa façon de faire était préférable. Toutefois, aux yeux de Dieu, le sacrifice d'Abel était meilleur. C'est tout ce qui compte ! Par la suite, Caïn, rempli de haine, Caïn tua son frère. Les appels de la grâce de Dieu ne purent le détourner de cette voie d'iniquité ! Mais pour Abel, l'histoire ne s'arrête pas là :  "Par la foi... étant mort, il parle encore". Quelle leçon pour nous ! Le seul moyen d'approcher notre Dieu, la seule base acceptable pour l'adorer est :  par la foi, car sans elle, il est impossible de lui plaire (Héb. 11.6).

ÉNOCH (voir Genèse 5.21-24 ; Jude 14-15) :  Énoch est bien connu comme "celui qui marcha avec Dieu", son intime ami. Cependant, pour marcher si près de Dieu, il faut satisfaire certaines conditions :  être convaincu que Dieu existe et vivre en relation avec lui. Une telle foi plaît à Dieu. La foi d'Énoch a été récompensée non seulement de ce qu'il put jouir d'une constante intimité avec Dieu, mais aussi de l'unique sensation d'être enlevé, sans passer par la mort ! Énoch nous enseigne à cultiver notre intimité personnelle avec Dieu, tout en attendant dans l'expectative la même glorieuse surprise. Au retour du Seigneur, tous les croyants, encore vivants, seront "enlevés de cette vie" et outrepasseront la mort. Demeurons chaque jour dans cette expectative ! (Jean 14.1-3 ; 1 Cor. 15.51-52 ; 1 Thes. 1.9-10 ; 4.13-18).

NOÉ (voir Genèse 6-9) :  Par la foi, Noé crut Dieu lorsqu'il lui annonça qu'un jugement frapperait la terre, bien qu'aucun signe visible ne fut perceptible, sinon l'iniquité grandissante au milieu des hommes. Cette même foi le poussa à construire l'arche pour la conservation de sa famille, tel que prescrit par Dieu. Par la foi, Noé a été trouvé juste devant Dieu, ayant répondu à son appel sans hésiter. En même temps, cette foi vivante de Noé qui prêcha pendant près d'un siècle à l'ombre de l'arche, condamnait le monde incroyant, lequel rejetait coup sur coup l'avertissement divin et l'offre de refuge (1 Pi. 3.19-20 ; 2 Pi. 2.5).

ABRAHAM (voir Genèse 12-25) :  La foi d'Abraham a fait de lui, "le père de tous ceux qui croient" (Rom. 4.11). L'ayant pour exemple, les croyants en relation avec Dieu sont appelés à marcher sous le signe de l'obéissance. Sur la base de la seule promesse divine, Abraham a quitté son pays, son peuple, sa carrière "toute sa vie" pour aller pour un pays étranger. Habité d'une confiance absolue, dans la simple obéissance, il s'en alla pour ne trouver ni cité, ni confort, mais le désert et les pâturages où il érigea sa tente et y vécut pendant tout un siècle. Abraham n'a jamais été témoin d'aucune construction significative dans ce nouveau pays. Ayant atteint l'âge de 75 ans, Dieu lui fit la promesse d'un fils qu'il attendit 25 ans avant qu'elle se réalise. L'épreuve dura jusqu'au moment où il lui était humainement impossible de procréer et Sarah, âgée de 90 ans, ne pouvait plus concevoir d'enfants. "Fortifié dans la foi" (Rom. 4.20), Abraham s'est accroché à Dieu et à ses promesses. Lorsque le fils promis illuminait la vie du patriarche, une nouvelle épreuve mit en évidence sa foi :  son Dieu lui demanda de sacrifier ce fils attendu si longtemps et tendrement aimé. Étant convaincu que Dieu pouvait le ressusciter d'entre les morts, par la foi il se rendit avec Isaac sur la montagne indiquée (Gen. 22 ; Héb. 11.17-19). Les choix, les décisions et les ACTES D'Abraham sont insensés pour la raison et l'intelligence humaine. Sans la foi, l'homme ne peut comprendre les pensées de Dieu, mais Abraham "crut Dieu et cela lui fut compté à justice" (Gen. 15.6 ; Rom. 4.3).

ISAAC, JACOB ET JOSEPH (voir Genèse 21-50) :  Le chapitre 11 de l'épître aux Hébreux mentionne brièvement la foi d'Isaac, par laquelle il connut et annonça le futur de ses deux fils, en dépit de son grand âge et de sa cécité. La foi de Jacob lui permit de connaître par avance le futur des fils de Joseph et d'adorer avec intelligence alors que sa vue et ses forces physiques étaient presque nulles. Au terme d'une vie difficile, il lui fut donné de voir ce qui arriverait à la fin des jours pour chacun de ses fils, anticipant même la gloire de Christ. Avec cette même foi, Joseph parla de la sortie des fils d'Israël d'Égypte, quatre siècles avant l'événement. Nul doute que ce discernement était un don de Dieu. Ces hommes le saisirent par la foi et furent convaincus du message qu'ils recevaient. Nous aussi avons la révélation écrite de Dieu qui fournit des détails au sujet de beaucoup d'événements futurs. Nous devons y croire avec certitude puisque nous savons que l'Auteur est tout à fait digne de notre confiance.

MOÏSE (Exode 2-14) :  Les parents de Moïse avaient déjà semé dans son cœur cette foi de si grand prix. Ils réalisaient qu'il était différent (signe d'une perspicacité au-delà de la norme parentale) et ceci leur donna le courage dont ils avaient besoin pour défier l'édit du pharaon et sauver la vie de l'enfant. Convaincu par la foi quant aux propos de Dieu, Moïse refusa la vie prestigieuse de la cour égyptienne et choisit de s'identifier avec ses frères, les esclaves hébreux. Laissant de côté le confort et les avantages d'une position royale, il choisit de vivre en souffrant de l'injustice. La foi lui a montré que la disgrâce associée à son identification avec un Israël opprimé valait infiniment plus que la richesse légendaire de l'Égypte et quelques années de privilèges royaux. Son regard était fixé sur une récompense éternelle imperceptible à l'œil mais combien réelle. Dieu considérait même sa fuite devant la colère du pharaon comme un acte de foi de la part de Moïse. Observant le Dieu invisible et obtenant les instructions directement de lui, par la foi Moïse délivra le peuple et le conduit jusqu'à la mer Rouge.

LE PEUPLE D'ISRAËL (voir Exode 14 ; Josué 6) :  La traversée de la mer Rouge représentait un immense pas de foi pour un peuple faible et incrédule ! Chaque individu doit marcher par sa propre foi et poser le pied sur le lit de la mer, asséché par le souffle divin. Et que dire des murs de Jéricho ? Quel stratagème risible pour s'emparer d'une ville ! Quel général aurait eu recours et même pensé à un tel procédé ? La foi connaît le Dieu véritable et compte sur lui pour faire ce que lui seul peut faire.

RAHAB (voir Josué 2.6 ; Matthieu 1.5-16) :  Par la foi, Rahab s'est rendue coupable de trahison ! Toutefois, son geste n'avait pas de couleur politique. Nul besoin de foi pour comprendre que la destinée de Jéricho était sans issue. Les rapports qui faisaient état du progrès et des conquêtes de l'armée d'Israël étaient bien fondés. Mais c'est la foi qui poussa Rahab à s'abandonner à la miséricorde de ce Dieu qui détruisait ses ennemis et protégeait son peuple. Sa trahison constituait un acte de repentance et de confiance. Usant de bon sens, elle a choisi de renoncer à un Jéricho condamné pour s'approprier la miséricorde divine. Rahab a reçu pour mari un descendant de sang royal et, par ce fait, est inscrite dans la généalogie de Jésus-Christ !

GÉDÉON ET LES AUTRES (voir Juges ; 1 et 2 Samuel) :  A plusieurs reprises, Gédéon exigea des signes pour rassurer sa foi. Par la suite, l'Éternel se servit de lui pour donner de grandes délivrances à son peuple (Juges 6-8). Barak a aussi remporté une bataille importante bien que sa foi ait été soutenue par l'intervention d'une femme nommée Débora. En considérant la foi de Samson au livre des Juges, chapitres 13 à 16, elle apparaît comme étant tout à fait nulle. Ce récit nous enseigne que la foi la plus faible, fut-elle aussi petite qu'un grain de moutarde et invisible à nos yeux, n'échappe pas à Dieu. Vous pouvez aller de l'avant avec votre foi ; faites confiance à Dieu ! La grande victoire de Jephté fut ternie par un vœu téméraire ; mais malgré tout, Dieu reconnaît sa foi. David qui a combattu les combats de l'Éternel a démontré une très grande foi. Sa vertu triomphante, à titre "d'homme selon le cœur de Dieu", venait du fait qu'il sollicitait et recherchait constamment son Dieu. La foi de Samuel, comme celle de Moïse, est venue de sa mère. Anne demande à Dieu un fils pour pouvoir le lui donner en retour. Sa foi s'est épanouie lorsque le jeune Samuel a répondu à l'appel de Dieu. Ce même Samuel est celui que Dieu utilisa plus tard lorsqu'Israël traversa une période très critique de son histoire. Un certain nombre des héros de la foi mentionnés dans les versets 32 à 38 du chapitre 11 de l'épître aux Hébreux sont facilement identifiables tandis que bien d'autres demeurent connus de Dieu seul.


CONCLUSION :  Cette affirmation d'Hébreux 11 m'a toujours grandement réjoui :  "Dieu n'a pas honte d'être appelé leur Dieu" (v. 16). Lorsque notre foi nous attache d'une manière inaltérable à notre Dieu, il est "fier de nous". Au chapitre 12, le défi nous est lancé :  persévérer comme cette "grande nuée de témoins" ! C'est à nous de poursuivre avec foi la route que Christ a tracé jusqu'au jour bienheureux en lequel cette promesse se réalisera :  "Encore un peu de temps et celui qui doit venir viendra, il ne tardera pas" (Hébreux 10.37).


(texte extrait de la revue chrétienne L'Étoile du Matin, numéro 47, juillet août septembre 2000)




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