APOCALYPSE 3.7-13
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Chacune des épîtres de l’Apocalypse a un sens prophétique et un sens particulier, relatif à un état moral donné. Dans les premières épîtres, l’exhortation
: «Que celui qui a des oreilles écoute...» vient avant les promesses; dans les dernières, elle vient après; l’individu fidèle est séparé et exhorté à écouter.
L’épître à Philadelphie s’applique à l’état actuel de l’Église.
Il est important de faire attention aux caractères de Christ donnés au début de chaque épître. Ici, il est nommé le Saint et le Véritable. Chaque fois,
son titre est lié à l’exhortation contenue dans l’épître, aussi bien qu’à la promesse qui y est faite. Ici, l’état de l’Église est celui des difficultés
et de la faiblesse. Christ est le maître de ces difficultés : il a la clef de David, il ouvre et personne ne ferme; il ferme et personne n’ouvre. C’est
ainsi que Jésus se présente à nos yeux.
Ensuite, l’état des fidèles est indiqué : «Je connais tes oeuvres.» Il ne dit pas, comme dans les autres épîtres, ce qu’elles sont; parce que ces oeuvres
sont peu de chose et que l’église elle-même ne peut rien en dire. Il ne peut pas les sanctionner, il ne veut pas les condamner. Il apporte aux fidèles
la consolation qu’il les connaît. La meilleure chose qu’il puisse dire d’eux, c’est qu’ils n’ont pas renié le christianisme.
La bonté de Jésus se montre dans ces mots : «J’ai mis devant toi une porte ouverte.» Il n’est pas besoin de force et de violence pour entrer dans le royaume,
comme au commencement de l’Évangile. Jésus a ouvert à notre faiblesse et nul ne pourra fermer. La seule réponse de l’Église est la fidélité à sa parole.
Le v. 9 est extrêmement précieux. Au moment où Dieu va détruire une économie, il y a partout de la présomption, et Satan cherche à inspirer la confiance
que tout va continuer de même et que tout durera. Les Juifs de ce temps-là faisaient de grandes démonstrations de leur force et de leur puissance, mais
ils allaient être abattus et forcés de reconnaître que Christ aimait l’Église. Aujourd’hui, c’est l’économie chrétienne qui va finir. Elle est jugée, et
cependant il y a partout la prétention qu’elle durera.
Toutes les fois qu’un enfant de Dieu veut obéir à la Parole, il se trouve dans une condition qui exerce sa patience. Philadelphie est dans le cas de Christ
qui est venu à la fin d’une économie. Quand les principaux sacrificateurs lui demandent par quelle autorité il agit, il n’en appelle pas à ses actes de
puissance, mais à la conscience de ceux qui l’interrogent et à la parole de Jean-Baptiste qui n’avait point fait de miracles. Jésus gardait la Parole,
marchait dans l’obéissance, et laissait Dieu juger. Ceux qui sont fidèles à la parole de Dieu et ne suivent ni les traditions, ni les pensées humaines,
seront gradés de l’heure de la tentation. Ceux qui habitent sur la terre, comme n’étant pas voyageurs et étrangers, seront atteints par cette heure terrible.
v.11. "Je viens bientôt; tiens ferme ce que tu as.» il n’y a pas de progrès ecclésiastique à faire".
Ayant placé les disciples dans les mêmes circonstances que celles qui accompagnaient la fin de l’économie juive, il leur donne tous les privilèges qu’il
possède. Il leur donne part à tout ce que donne le Dieu du Seigneur Jésus. Voilà pourquoi il dit : «mon Dieu.» Nous avons part à l’heure de sa patience,
nous échapperons à celle de la tentation.
Au v.12, Jésus fait allusion aux deux colonnes Boaz et Jakin du temple de Salomon. (1 Rois 7.21; 2 Chr. 3.17). Le disciple ayant participé à la patience
de Christ ici-bas, aura part à la gloire du Dieu de Jésus. Jésus a été glorifié, parce qu’il s’est abaissé et qu’il a souffert. Le chrétien qui a partagé
la même patience et les mêmes souffrances, quoique faiblement, aura part à la gloire du Seigneur Jésus. Dieu est ici spécialement le Dieu de Jésus, nom
qu’il a manifesté sur la croix, en disant : «Mon Dieu.» Christ a un nouveau nom; il en a d’anciens, mais il a pour l’Église un nouveau nom comme ayant
souffert; c’est le second Adam, le nouvel homme, l’héritier de toutes choses. Christ écrit son nouveau nom sur ceux qui ont eu part ici-bas à sa patience.
Ce qui caractérise aujourd’hui le chrétien fidèle, c’est de garder la parole de la patience de Jésus. Mais celui qui vaincra aura bien assez de richesses,
pour pouvoir se contenter maintenant de la patience et des souffrances. Si je suis lié à Christ, dans la certitude de posséder tout ce qui est à lui, je
me contente de tout en attendant ce moment.
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