LA VIE ABONDANTE

par Miguel A. Valdivia



Pour beaucoup, le summum de la satisfaction est relativement facile à définir. "santé, argent et amour", "liberté", "sécurité" le représentent bien. Le succès se mesure souvent à des indices visibles de prospérité ; les propriétés et les possessions deviennent des symboles de la bonne vie. L'homme devient, selon le sage présocratique Protagoras, "la mesure de toutes choses".

Cependant, nous connaissons tous des personnes qui possèdent tout cela mais se sentent néanmoins en état de vacance et sans but. Des artistes prennent des drogues et commettent des crimes ; des sportifs agressent et assassinent ; des jeunes filles nient les principes religieux et échangent une nuit de plaisir éphémère pour la charge d'une maternité non désirée ou la tragédie d'un avortement.

Qu'est-ce que la bonne vie ? La vie abondante doit être plus que tout cela. Le Seigneur Jésus a dit :  "Je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance." (Jean 10.10). Que voulait-il dire ?

Le problème de celui qui veut définir la bonne vie est qu'il ignore souvent la totalité des facettes de la nature humaine. La "vie", selon la Bible, inclut les aspects physique, intellectuel et spirituel. On juge jouir d'une vie physique abondante quand l'organisme est sain, vigoureux et en bonne santé. C'est indubitablement important et désirable. Nous nous occupons donc de prévention :  adopter une alimentation équilibrée, faire de l'exercice, éviter de prendre des habitudes malsaines ; et avoir recours aux médecins pour soulager nos symptômes.

Mais la régénération physique ne représente pas l'ensemble du souhait divin de nous donner une vie abondante. "L'homme ne vit pas de pain seulement, mais... de tout ce qui sort de la bouche de l'Éternel." (Deutéronome 8.3). L'être humain a aussi une vie intellectuelle. Il est le seul être vivant capable de réfléchir à la signification de sa propre existence. Pour cultiver notre intellect, nous entreprenons un programme d'étude, nous lisons, nous méditons. Ceci nous permet de profiter de tout un ensemble d'informations recueillies et synthétisés par les générations antérieures.

Et surtout, le Seigneur Jésus-Christ faisait allusion à la vie spirituelle. Son don au croyant est la vie éternelle en contraste avec la mort éternelle. Telle est la vie (zoé en grec) qu'il est venu restaurer en l'être humain en vertu de la foi. Selon la Parole divine, lorsque nous acceptons le Seigneur comme notre Sauveur, nous recevons le don de la vie éternelle (voir Jean 6.47 ; 1 Jean 3.14 ; 5.11,12). Ceci implique un changement de pensée, d'attitude et d'habitudes. L'apôtre Paul le décrit ainsi :  "Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles." (2 Corinthiens 5.17). Cette nouvelle nature est une fondation sur laquelle édifier le reste de notre vie consciente. La vie du croyant est alors "cachée avec Christ en Dieu" (Colossiens 3.3).

Cette vie abondante ne ressemble pas aux notions populaires de la bonne vie. Elle implique une soumission aux valeurs et principes de l'Évangile ; elle inclut souvent le sacrifice, et elle nous appelle toujours au service. Ce n'est pas une vie de renoncement sans signification, car nous recevons d'un jour à l'autre de grandes récompenses. Nous sommes enfants, serviteurs et associés de Dieu. Nous devenons ses instruments et nous jouissons dès aujourd'hui de la joie du salut.