(sermon)
CONTEMPLEZ VOTRE ROI !


Versets principaux :  Matthieu 21 :1-11



INTRODUCTION


Le dimanche des Rameaux; quel jour spécial, pour nous, qui sommes les disciples du Christ Jésus ! Je profite donc, chers amis lecteurs, de cette occasion marquante, pour faire avec moi, par la pensée, un voyage dans le temps, d'environ 1968 ans en arrière.

C'est dimanche matin, et Jésus s'apprête à entrer dans Jérusalem. Lisons ensembles le compte-rendu précis que fait Matthieu de l'entrée triomphale du Seigneur dans la ville sainte. Voici ce texte que nous trouvons dans son évangile au chapitre 21, versets 1 à 11 :  " Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vers le mont des Oliviers, Jésus envoya deux disciples  en leur disant: Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle; détachez-les, et amenez-les moi.  Si quelqu'un vous dit quelque chose, vous répondrez: Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il les laissera aller.  Or, ceci arriva afin que s'accomplisse la parole du prophète:  Dites à la fille de Sion: Voici que ton roi vient à toi, Plein de douceur et monté sur une ânesse, Sur un ânon, le petit d'une bête de somme.  Les disciples allèrent et firent ce que Jésus leur avait ordonné.  Ils amenèrent l'ânesse et l'ânon, mirent sur eux leurs vêtements et le firent asseoir dessus.  La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin; d'autres coupèrent des branches aux arbres et les étendirent sur le chemin.  Les foules précédaient et suivaient Jésus en criant: Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna dans les lieux très hauts!  Lorsqu'il entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi et l'on disait: Qui est celui-ci?  Les foules répondaient: C'est Jésus, le prophète, de Nazareth en Galilée. " (Matthieu 21:1-11 SER).
Luc décrit cette même scène, mais ajoute :  " Quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus: Maître, reprends tes disciples.  Il répondit: Je vous le dis, s'ils se taisent, les pierres crieront! " (Luc 19:39-40 SER). L'apôtre Jean ajoute :  " Les Pharisiens se dirent donc les uns aux autres: Vous voyez que vous ne gagnez rien, voici que (tout) le monde est allé après lui. " (Jean 12:19 SER).

Quel jour ! Jésus aurait pu établir, en tant que fils de David, par la chair, son droit de royauté sur le pays d'Israël, et des milliers de gens auraient afflué à ses côtés pour le proclamer roi. Mais comme vous le savez, ce n'était pas le plan de Dieu. Son royaume ne devait pas être terrestre mais céleste, pas provisoire mais éternel.  Ainsi donc, quand les gens virent qu'il refusait la couronne, ils commencèrent à se détourner de lui. Et juste quelques jours plus tard, beaucoup de ceux qui avaient crié " Hosanna ! ", criaient maintenant " Crucifiez-le! Crucifiez-le! ". Oh, combien inconstante la nature humaine peut elle être !

Lisons maintenant ces paroles qui nous sont bien connues, dans Marc 15 :25-32; vous reconnaîtrez sûrement la scène :  " C'était la troisième heure quand ils le crucifièrent.  L'inscription indiquant le motif de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs.  Ils crucifièrent avec lui deux brigands, l'un à sa droite, l'autre à sa gauche.  Ainsi fut accompli ce que dit l'Écriture: Il a été mis au nombre des malfaiteurs.  Les passants blasphémaient contre lui et secouaient la tête en disant: Hé! toi qui détruis le temple et le rebâtis en trois jours,  sauve-toi toi-même et descends de ta croix!  Les principaux sacrificateurs aussi, avec les scribes se moquaient entre eux et disaient: Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même.  Que le Christ, le roi d'Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions! Ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient aussi. " (Marc 15:25-32 SER).

Les scientifiques nous disent que l'instinct de conservation est un instinct de base profondément implanté en nous et que, chaque fois que nous rencontrons le danger, nous cherchons automatiquement à nous en protéger. Par exemple. Si nous tombons, nous mettons nos mains en avant pour arrêter notre chute. Ou bien. Si nous sommes dans une auto qui va entrer en collision avec une autre, nous nous raidissons dans l'espoir d'amortir le choc; et bien que les experts disent que ce n'est pas la chose la plus sage à faire, nous le faisons quand même automatiquement, car l'instinct de conservation qui est profondément ancré en nous nous ordonne de le faire.
Donc, c'est tout à fait naturel pour les ennemis de Jésus qui se trouvent debout sous la croix du Seigneur, d'avoir la pensée logique et humaine que Jésus devait essayer de sauver sa propre vie. Ils ont raisonné de cette façon :  " S'il est vraiment le fils de Dieu, il a le pouvoir de descendre de la croix. Et s'il a vraiment le pouvoir de descendre de la croix, il le fera, car c'est la chose naturelle et logique à faire. ". Donc, quand Jésus n'est pas descendu de la croix, ils ont supposé que Jésus n'avait pas le pouvoir de le faire et qu'il n'était pas le Fils de Dieu. Leur conclusion fut donc celle-ci :  " Il a sauvé les autres, il ne peut se sauver lui-même. ". Ce fut leur conclusion, une conclusion logique selon les critères humains. Mais, cependant, elle était fausse ! S'il l'avait vraiment voulu, Jésus aurait pu sauver sa vie. Par exemple, il aurait pu la sauver en :


I. IL AURAIT PU LA SAUVER EN ALLANT PAS À JÉRUSALEM


Il aurait pu rester en Galilée. Son ministère avait débuté là. C'était en Galilée qu'il avait prêché son " sermon sur la montagne " ; et des milliers de gens étaient venus pour l'écouter. C'était en Galilée qu'il avait nourri une foule de 5000 hommes, et là aussi que les habitants de la contrée voulurent le faire roi. C'était en Galilée qu'il avait marché sur l'eau, et qu'il avait calmé la tempête et les flots. Il aurait pu rester en Galilée s'il l'avait voulu, car il y avait là encore beaucoup de travail à faire. Il y restait encore bien des malades qui n'avaient pas été guéris, bien  des affamés qui n'avaient pas été nourris, bien des pécheurs qui n'avaient pas été convertis.

Oh, il y connu quelques ennuis, bien sûr. Les Pharisiens avaient formé un comité chargé de causer de l'agitation lors des discours du Maître. Les gens de sa ville natale, Nazareth, ne l'ont pas reçu à bras ouverts ; ils ont même essayé de le précipiter en bas d'une falaise. Mais, à part cela, les choses allaient bien pour lui en Galilée ; sa vie n'était pas véritablement en danger là-bas.

Il aurait pu rester en Galilée et ne jamais monter à Jérusalem. Il aurait pu sauver sa vie. Mais il ne pouvait pas sauver sa vie et la nôtre en même temps. Notre salut dépendait de son sacrifice pour le pardon de nos péchés.


II. IL AURAIT PU SAUVER SA VIE EN S'ENFUYANT DU JARDIN DE GETHSÉMANÉ


Dès qu'il a entendu les cliquetis des armes s'entrechoquant et vu les torches allumées des soldats de la garde du temple, Jésus aurait pu s'enfuir du jardin de Gethsémané en se faufilant entre les arbres, se dissimuler derrière des rochers, et descendre la montagne et la contourner, puis s'enfuir hors de Jérusalem. Il aurait pu aussi, se rendre chez Marthe Marie et Lazare, qui l'aurait caché bien volontiers et l'aider à fuir le secteur entourant la ville.

S'il l'avait vraiment voulu, le Seigneur aurait pu s'enfuir du jardin. Il aurait pu se justifier en disant, par exemple :  " Les prêtres sont des gens mauvais, qui portent de fausses accusations contre moi. Je n'ai rien fais de mal et me soumettre à eux ne serait pas juste.

Mais Jésus ne s'est pas enfui. Il a attendu que les soldats viennent l'arrêter. Il aurait pu sauver sa vie. Mais il ne pouvait pas sauver sa vie et la nôtre en même temps. Notre salut dépendait de son sacrifice pour le pardon de nos péchés.


III. JÉSUS AURAIT PU SAUVER SA VIE QUAND IL SE TROUVAIT DEVANT PILATE


Encore une fois, Jésus aurait pu sauver sa vie, quand il se trouvait dans le prétoire de Pilate, le procurateur romain. En effet. Je ne crois pas que Pilate se soit senti menacé par les paroles de Jésus, quand celui-ci parlait de son " royaume qui n'est pas de ce monde ", car il a dit :  " Je ne trouve aucune faute en cet homme. ". Je crois que Pilate voulait vraiment le libérer.

Si Jésus avait plaidé son cas, Pilate l'aurait sûrement libéré, car il n'avait rien fait de mal, rien qui soit digne du crucifiement. Jésus, debout devant Pilate, aurait pu dire, par exemple, pour sa défense :  " Pilate, tu me connais. Je suis celui qui leurs a dit de porter un mille plus loin que la loi l'exige, le paquetage du soldat romain. Je suis celui qui a découragé le peuple de faire une révolution à la pointe des épées contre l'empire. Je suis celui qui leurs a dit de tendre l'autre joue. Je suis celui qui leurs a dit de pardonner les offenses 70 fois 7 fois par jour. Je suis celui qui leurs a dit de vivre d'une manière humble, douce et paisible. Pilate, tu sais que je ne suis pas coupable. "

Mais Jésus n'a pas dit un seul mot pour sa propre défense. Il resta silencieux, comme un agneau qu'on mène au sacrifice expiatoire. Il aurait pu sauver sa vie. Mais il ne pouvait pas sauver sa vie et la nôtre en même temps. Notre salut dépendait de son sacrifice pour le pardon de nos péchés.

Donc, Pilate fut obligé de poursuivre la procédure judiciaire. Il se présenta devant la foule, et lui offrit de libérer un prisonnier. Il lui offrit de libérer soit Jésus, soit Barabbas le zélote. La foule, dans une grande clameur, s'écria :  " Nous voulons Barabbas ! Fais sortir Barabbas ! ". Les dés étaient jetés ; Pilate ne pouvait plus rien désormais pour Jésus.


IV. JÉSUS AURAIT MÊME PU SE SAUVER QUAND IL FUT DEVANT LA FOULE


Lorsqu'il se tint devant la foule après son audience devant Pilate, et pendant que la foule criait qu'elle voulait que Barabbas soit libre, Jésus, s'il l'avait vraiment voulu, aurait pu encore sauver sa vie. Jésus savait parler devant une foule ; il l'avait fait à plusieurs occasions. Il aurait pu la captiver par son éloquence et la tenir sous l'emprise de son discours. S'il l'avait voulu, il aurait pu faire tourner l'opinion de la foule en sa faveur. Il aurait, par exemple, pu dire à la foule hostile :  " Souvenez-vous, lorsque je suis entré dans cette ville dimanche dernier, vous avez crié " Hosanna ! ", et vous vouliez me faire votre roi ; j'étais un héros national. Avez-vous déjà oublié cela ? Avez-vous déjà oublié tous les miracles que j'ai fais en votre faveur ? " Jésus, s'il l'avait voulu, pour pousser son argumentation plus loin,  aurait pu pointer le doigt vers certaines personnes en particulier, et aurait pu dire , par exemple :  " Barthimée, as-tu oublié ce que j'ai fais pour toi ?  Tu étais aveugle, mais j'ai touché tes yeux et maintenant tu vois. L'as-tu déjà oublié ? Et toi, là-bas, tu étais paralytique, mais je t'ai dis de te lever de prendre ton lit et de marcher ; je t'ai guéris de ta paralysie. L'as-tu déjà oublié ? Et vous, le groupe de dix, vous souvenez-vous  ? Votre peau pourrissait sur vos os ; tous le monde vous fuyaient. Vous m'avez demandé de vous guérir de votre lèpre, et je l'ai fais, même si un seul est revenu en arrière pour me dire merci. Avez-vous déjà oublié ce que j'ai fais pour vous ? Et vous tous qui me regardez en ce moment, avez-vous oublié tous les miracles que j'ai fais ? Avez-vous oublié que j'ai nourris une multitude avec seulement quelques pains et quelques poissons ? Avez-vous vraiment oublié qui je suis et ce que j'ai fais ? ".
Vous voyez. Si Jésus avait vraiment voulu sauver sa vie, il aurait pu le faire. Mais il ne pouvait pas sauver sa vie et la nôtre en même temps. Notre salut dépendait de son sacrifice pour le pardon de nos péchés.


V. MÊME QUAND IL ÉTAIT SUR LA CROIX, IL AURAIT PU SE SAUVER

Par la pensée, nous poursuivons notre voyage.
Maintenant, devant nos yeux, se déroule une scène bien connue. Jésus est fouetté, insulté, revêtu d'une tunique pourpre et on lui place une couronne d'épines sur la tête. Nous le voyons marcher dans la rue avec une traverse de bois sur les épaules, qui s'imbibe rapidement de son sang et de sa sueur... puis, succombant sous le poid de sa charge, il tombe ! Notre cœur s'emplit de compassion pour lui, et nous nous écrions :  " Seigneur, pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? Vous êtes le roi de l'univers. Vous avez tout créé et tout se trouve sous votre domination. Pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? "

Ensuite, nous voyons Simon prendre la place du Seigneur et porter la traverse de bois jusqu'au mont Calvaire. Puis nous voyons comment Jésus est cloué sur la croix. Nous nous sentons si désespérés et impuissants, que nous nous disons :  " Seigneur, pourquoi ne faites-vous pas quelque chose ? Pourquoi vous ne leurs montrez pas qui vous êtes véritablement ? Pourquoi ne montrez-vous pas votre puissance ? ".

Puis nous voyons la croix s'élever et retomber dans le trou qui la maintient debout ; nous entendons les cris d'agonie et de douleur. En contemplant ce spectacle atroce, nos yeux s'emplissent de larmes, et nous pensons :  " Seigneur, vous avez guéris les malades. Vous avez calmé la tempête sur le lac agité. Seigneur, si vous le vouliez, vous pourriez transformer cette croix en une brindille. Si vous le vouliez, vous pourriez transformer ces clous en brins d'herbe. Seigneur, pourquoi ne faites-vous pas descendre du ciel des légions d'anges afin qu'elles anéantissent l'armée romaine ? Pourquoi ne leurs montrez-vous pas qui vous êtes vraiment ?  Pourquoi ne montrez-vous pas votre puissance divine ? Pourquoi priez-vous pour eux, en disant :  Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font. ... Seigneur, les hommes ne méritent pas votre compassion !  Ils n'ont jamais rien fait pour vous. Quand vous êtes nés, ils ne vous ont donné qu'une étable pour y naître ; ils ont essayé par trois fois de vous lapider ; un ami vous a trahi et un autre renié ; les hommes mauvais vous ont arrêté, fais passé en jugement sous de fausses accusations, vous ont battu et insulté, ils ont crié avec haine qu'on vous crucifie, ils vous ont fait porter votre propre croix et vous ont cloué dessus. Ne constatez-vous pas qui ils sont ? Peut-être devriez-vous descendre de la croix et leurs montrer votre puissance divine. Alors, ils croiraient en vous et verraient qui vous êtes vraiment. S'il vous plaît, descendez de la croix ! "

Oui, c'est vrai. Si Jésus avait vraiment voulu, il aurait pu descendre de la croix, détruire les romains, et faire en sorte que tous les hommes croient en lui par cette démonstration de sa force divine. Mais Jésus ne l'a pas fait. Il n'a pas succombé à l'appel de sa chair torturée. Il a résisté à toutes les tentations que le diable lui a tendu. Il savait qu'il fallait qu'il meure sur la croix pour que son sang versé couvre les péchés de tous ceux qui croiraient en lui par la foi et non par la vue, et ainsi, leurs offrir l'assurance de vivre éternellement en la présence du Père céleste. Oui, Jésus, notre bien-aimé, savait tout cela, et c'est pourquoi il a supporté courageusement son fardeau. Il l'a fait par amour envers le genre humain, et pour donner à celui-ci le seul chemin d'accès qui mène au pardon et à la présence du Père. Oui, je le répète encore une fois, pour que cela nous entre bien dans la tête. Si Jésus l'avait vraiment voulu, il aurait pu sauver sa vie. Mais il ne pouvait pas sauver sa vie et la nôtre en même temps. Notre salut dépendait de son sacrifice pour le pardon de nos péchés.

Quel merveilleux et compatissant Sauveur nous avons !


CONCLUSION


Chers amis lecteurs, notre voyage dans le passé s'achève ici. Je sais que vous avez tous entendus déjà plusieurs fois le récit de la Passion du Christ et des événements qui y ont conduit, que ce soit par des sermons, des études, des films, ou par la lecture que vous en avez faite dans votre Bible. Je sais que vous le connaissez sans doute sur le bout des doigts. Mais il est bon et utile, parfois, de relater les événements du passé, pour bien comprendre le présent et l'avenir. Je suis convaincu que, encore ce dimanche matin de la fête des Rameaux, Dieu peut encore toucher votre cœur avec ce récit vrai et poignant, et vous rappeler par l'entremise de cette histoire, le grand sacrifice qu'Il a consenti à faire pour nous sauver et nous racheter de nos péchés par le sang précieux de son Fils unique et bien-aimé, le Seigneur Jésus-Christ, versé sur l'infâme croix, pour nous, pécheurs invétérés, qui ne méritons rien !



Pascal Cusson

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