Constantin et les évangiles canoniques


Selon des djihadistes verbaux il y eut une multitude de bibles différentes que
Constantin aurait détruites en 325 au concile de Nicée, pour n’en garder
que quatre. Cette affirmation est encore fausse. Soit ces djihadistes verbaux
ne connaissent pas la vérité, soit ils enseignent consciemment le mensonge
dans le but de décrédibiliser la Bible.

En effet, comment pouvaient-ils ignorer qu’en 325 la discussion ne portait
que sur la divinité de Jésus. On ne débattait pas au sujet de la trinité, qui
s’est développée quelques années plus tard. Par ailleurs, le choix des quatre
évangiles fut fait bien avant 325. On ne peut même pas parler de choix, car
pour les premiers chrétiens l’authenticité de ces quatre livres était une
évidence. Les questions sont venues plus tard avec le catholicisme.

Clément d’Alexandrie né à Athènes vers 150 et mort en Asie Mineure vers
220, cite Tatien qui faisait écho des paroles d’un hérétique, Cassien. En effet,
ces derniers étaient pour l’intégration des paroles suivantes dans l’évangile :

« Salomé demande au Seigneur quand viendra le temps où seront connus
les mystères sur lesquels elle l’interroge. – lorsque vous aurez foulé aux
pieds le vêtement de la pudeur, répond le Christ, lorsque les deux ne
feront qu’un, le mâle et la femelle, et qu’il n’y aura plus ni mâle ni
femelle. »

A cela, Clément d’Alexandrie répondit en écrivant :

« D’abord les quatre évangiles qui nous ont été transmis ne renferment
pas ce passage. Il ne se trouve que dans l’évangile selon les Egyptiens
(…) »

Il y a encore une multitude de témoignages écrits, datant d’avant 325, qui
prouvent que le choix des quatre évangiles fut fait bien avant 325. Origène,
né en 185 à Alexandrie et mort en 253 à Tyr, a écrit ceci :

« Au temps du Nouveau Testament, beaucoup ont essayé d’écrire des
évangiles, mais tous n’ont pas été acceptés […] Matthieu, Marc Jean et
Luc n’ont pas essayé d’écrire : c’est rempli du Saint-Esprit qu’ils ont
écrit les évangiles […] L’église possède quatre évangiles ; les hérétiques,
un très grand nombre. […] Je sais qu’il existe un évangile selon Thomas,
un autre selon Matthias, et nous en lisons quelques autres encore pour
ne pas avoir l’air d’être des ignorants »

Irénée, évêque de Lyon, né entre 120 et 130 à Smyrne et décédé à Lyon en
202, déclarait avoir connu Polycarpe, celui sur qui l’apôtre Jean, rédacteur
du livre de l’Apocalypse aurait posé des mains. Que dit Irénée de Lyon ? Il a
écrit ceci :

« Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue,
une forme écrite d’évangile, à l’époque où Pierre et Paul évangélisaient
Rome et y fondèrent l’église. Après la mort de ces derniers, Marc, le
disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce
que son maître prêchait, et Luc, le compagnon de Paul, mit dans un livre,

l'évangile que celui-ci annonçait. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur,
qui a reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l'Évangile, tandis qu'il
habitait à Éphèse en Asie ».

On se rend compte que le choix des quatre évangiles ne date pas de
Constantin.