Les premiers Évangiles


L’apôtre Paul écrivit aux chrétiens de Rome en l’an 56 de notre ère, soit 23
ans après la mort de Jésus : « Lorsque je me rendrai en Espagne j’espère
vous voir et être accompagné un bout de chemin par vous (…) » Romains
15:24.

Du temps de Paul, il existait déjà différentes communautés chrétiennes et
plusieurs églises dans l’actuelle Turquie, en Grèce, à Rome, probablement en
Espagne et dans d’autres pays. Paul savait très bien écrire. C’était un érudit. Il
comprenait et parlait plusieurs langues. Il avait pris la nationalité romaine.
Ce n’était pas pour rien qu’il fut choisi par Jésus ressuscité lui-même, et qu’il
se qualifia d’« apôtre des nations ». D’autres disciples de Jésus savaient
également lire et écrire. Leurs lettres étaient considérées comme des sources
fiables de vérités, et recopiées.

Si nous sommes certains, selon le début du récit de Luc, que l’histoire de la
vie de Jésus se racontait parmi les chrétiens du premier siècle, il est probable
que certaines congrégations, ou églises, sinon toutes, eurent en leur
possession des versions écrites d’un, ou même de plusieurs de ces récits écrits
par des apôtres. L’évangile de Luc est un récit de la vie de Jésus écrit par Luc
et envoyé à un certain Théophile. Il débute en ces termes :

« Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se
sont accomplis parmi nous, d’après ce que nous ont transmis ceux qui,
dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la
Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec
précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le
début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que
tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as
entendus ».

Contrairement aux autres évangiles, Luc ne prétend pas être témoin oculaire
de ce qu’il raconte. Mais il pouvait encore se renseigner auprès de survivants
dignes de foi. Le récit de Luc est en accord avec le reste des évangiles.

Ce n’est que quelques siècles plus tard que les chrétiens occidentaux ont jugé
bon de regrouper l’ensemble des évangiles, (les quatre), les lettres des
apôtres, le livre des Actes des apôtres et l’Apocalypse, pour constituer ce que
l’on désigne aujourd’hui par « Nouveau Testament », et les ont intégrés à la
Bible des juifs.

Ils durent faire un tri, car circulaient à cette époque-là de nombreux
évangiles fantaisistes, dont certains furent brûlés. Irénée de Lyon, décédé en
202 après Jésus-Christ précisait déjà le nombre des évangiles canoniques
en écrivant :

« …Matthieu entreprit donc aussi d'écrire son Évangile chez les
Hébreux et en leur propre langue, pendant que Pierre et Paul
annonçaient l'évangile à Rome et y fondaient l'Église. »

« D'un autre côté, après leur départ, Marc, le disciple et l'interprète
de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que son maître prêchait,
et Luc, le compagnon de Paul, mit dans un livre, l'évangile que celui-ci
annonçait. Ensuite Jean, le disciple du Seigneur, qui a reposé sur sa
poitrine, publia lui aussi l'Évangile, tandis qu'il habitait à Éphèse en Asie
».

On parlait déjà des livres écrits par certains disciples de Jésus. Par la suite, les
premiers chrétiens espagnols produisirent plusieurs versions latines, connues
globalement sous le nom « Vetus Latina Hispana ». Au cinquième siècle (390
– 405), Jeronimo se rendit à Bethlehem où il entreprit une nouvelle
traduction, également en latin, des textes originaux. Cette traduction est
connue aujourd’hui comme « la Vulgate ». L’originale peut être comparée
avec les versions écrites dans nos différentes langues.

L’idée que des textes furent modifiés et que d’autres furent supprimés pour
contrecarrer l’islam est fausse, car ces versions existaient des centaines
d’années avant l’islam. Si des catholiques devaient supprimer des textes, ils
auraient commencé par ceux qui contredisent la trinité, au lieu de s’attaquer
à des textes disant que Jésus transforma des statues de boue en de vraies
volatiles. Il n’existe pas de preuve attestant que la Bible ait été falsifiée.

Plusieurs de ces livres apocryphes déclarent que Jésus ne fut pas mis à mort.
Par exemple, dans l’évangile découvert à Nag Hammadi, Jésus aurait
déclaré : « Je n’étais mort qu’en apparence. C’est un autre qui a bu à ma
place le fiel et le vinaigre… »

Jésus, celui qui ne cessait d’annoncer qu’il serait mis à mort, aurait eu honte
de prononcer ces paroles. Comme par hasard, le Coran affirme la même
chose. De toute évidence, plusieurs de ces faux évangiles ont servi de source
à certains textes du Coran. Jésus, lui-même, avait prophétisé :

« Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux
principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort, et
ils le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le battent de
verges et l’attachent sur un poteau ; et le troisième jour, il
ressuscitera. » Matthieu 20 : 17 – 19.

Avant cela, il avait confié à ses disciples tout ce qu’il allait endurer des mains
des prêtres en chef, et des scribes et qu’il serait mis à mort. Pierre le prit à
part et lui conseilla d’éviter ce sort ; mais Jésus lui dit, voyant que cette
pensée ne venait pas de Dieu :

« Arrière de moi, Satan ! Car tu ne conçois pas les choses de Dieu. Tu
n’as que des pensées humaines. »

L’enseignement selon lequel Jésus ne fut pas mis à mort, ne vient pas de
Dieu ; car elle s’oppose à ses prophéties. C’est une pensée humaine, voire
diabolique. Le livre qui l’enseigne ne peut pas venir du Dieu des prophètes
d’Israël. Si Dieu vous avait confié l’écriture d’un livre sacré, auriez-vous
refusé ou même hésité ? Vous seriez-vous contenté d’inscrire quelques versets
par-ci par-là sur des supports de fortune ?

Si Mahomet refusait d’en faire un livre de son vivant, c’était parce qu’il
n’avait reçu aucun ordre de ce genre. Comment aurait-il pu s’opposer à la
volonté d’Allah ? Lorsque le Coran parle de lui comme d’un « livre », nous
savons qu’il s’agit de textes inventés. Car ce livre n’existait même pas dans la
mémoire de Mahomet.