Le Livre De Barnabé


Il y a également l’apocryphe, de Barnabé trouvé en 2000 en Turquie. Selon
les musulmans, ce serait le vrai évangile. Il serait vieux de 1500 ans. Cet
évangile, dit-on, parle explicitement de Mahomet. En réalité, ce livre
apocryphe me semble faux. Je n’ai pas pu finir de le lire, car il m’a tout l’air
d’être une plaisanterie.

Par ailleurs, il ne peut pas avoir été écrit avant la naissance de Mahomet,
cela pour plusieurs raisons. Déjà sur la première page, malgré des erreurs
grammaticales relevées par des spécialistes du néo-araméen, car le livre est
écrit dans cette langue araméenne relativement récente, datant seulement du
XVe et XVIe siècle de notre ère, on peut lire à la première page :

« …Au nom de notre Seigneur ce livre a été écrit sous les mains
(traduction mot pour mot) des moines du monastère élevé de Ninive en
l’année 1500 du Seigneur. »

Le livre précise lui-même sa date. Il ne dit pas qu’il est vieux de 1500 ans,
comme certains veulent nous le faire croire. Comment l’auteur aurait pu
savoir en quelle année le livre allait être découvert pour donner exactement
son âge ? Selon Pablo kistchuk, professeur de Néo-araméen à l’institut
national de langues et civilisations orientales du CRNS (Paris), le néo-
araméen s’est développé au XVe et XVIe siècle.

Dans mon objectivité, j’ai pensé que l’auteur aurait pu reproduire ce livre en
l’an 1500 après J.C., cela à partir d’un original que les catholiques de
l’époque auraient fait disparaître. Mais il m’a paru très vite que le livre est
lui-même l’original. Car on y lit :

« Et l’année du jubilé, qui revient aujourd’hui tous les 100 ans, reviendra
chaque année et en tout lieu à cause du Messie. »

Les juifs ont toujours fêté le jubilé, en conformité avec lévitique 25, tous les
50 ans environ (7 ans x 7 ans). Mais en 1300, le pape Bonifacio VIII institua
un jubilé chrétien qui sera fêté tous les 100 ans. Les juifs du temps de Jésus ne
pouvaient pas fêter le jubilé tous les 100 ans.

L’auteur parle du « livre » comme unité de mesure, alors qu’à l’époque de
Jésus on ne parlait pas du livre. On a commencé à utiliser cette unité de
mesure sous l’empire Ottoman. L’évangile de Barnabé emploie le terme
« Jésus-Christ », Christ, qui signifie Messie, tout en lui faisant dire qu’il n’était
pas le Messie.

Les premiers chrétiens ne vénéraient pas la croix. L’auteur, lui-même, affirme
que Jésus ne fut pas mis à mort. Il n’avait donc aucune raison de vénérer la
croix, qui est entrée dans le culte chrétien avec Constantin à travers Hélène,
sa mère, après son voyage à Jérusalem au quatrième siècle. Pourtant une
croix rayonnante figure sur la première page.

Le but de l’auteur était peut-être de montrer l’origine chrétienne du livre. Il
aurait été écrit par des moines au XVIe siècle. Or, on voit mal des moines
assurer la retranscription de phrases supposées être prononcées par Jésus,
comme : « Je ne suis pas le Messie » ou parler de Paul comme d’un
« imposteur ».

Selon ce livre, c’est Ismaël, son fils unique, qu’Abraham voulait sacrifier. On
y retrouve aussi (page 52) l’histoire selon laquelle Satan aurait refusé de se
prosterner devant Adam. Cet évangile a probablement été écrit par un
musulman qui disposait d’une Bible. Son objectif était peut-être de faire
concorder l’évangile des chrétiens avec le Coran.

Aux pages 54, 55, Dieu aurait fabriqué une boue pour créer Adam, boue
qu’il laissa reposer durant 25 000 ans. Le Diable aurait craché dessus. Mais
l’ange Gabriel, en enlevant ce crachat, aurait laissé un trou. Ce qui
expliquerait le trou du nombril de l’homme. Tout n’est que fables et copies.
C’est à leurs yeux une guerre, où des tactiques mensongères sont conseillées.

Après sa création, Adam se serait mis debout et, levant les yeux en l’air, il
aurait vu l’inscription : « Il n’y a qu’un seul Dieu et Mohammad est le
messager de Dieu. »

L’auteur cherche ici à prouver que l’islam existait depuis la création. Puis
Dieu aurait écrit sur l’ongle de sa main droite : « Il n’y a qu’un seul Dieu » et
sur l’ongle de la main gauche : « Mohammad est le messager de Dieu. »

Pendant que Dieu chassa Adam du paradis, celui-ci se serait retourné et
aurait vu, inscrite sur les portes du Paradis, la phrase : « Il n’y a qu’un seul
Dieu et Mohammad est le messager de Dieu ».

Ce sont ces mêmes fabulateurs qui ont donné naissance à des hadiths, dont
certains récits finissent en textes coraniques. Supposons que ce livre ait été
écrit par quelqu’un qui se disait prophète, comment aurions-nous su que tout
a été fabriqué de toutes pièces à partir de personnages réels ? Nous y aurions
cru si nous avions eu foi en ce prophète.

Si n’importe qui peut écrire un livre soi-disant sacré ; il n’est donné qu’aux
vrais prophètes de Dieu d’écrire des prophéties exactes. C’est en cela que la
parole de Dieu se distingue de celle des hommes. Or le Coran ne contient
pas de prophéties, il se place au niveau de ces livres apocryphes dans lesquels
ses auteurs puisaient. La seule garantie des musulmans repose sur la parole
d’un homme qui déclara avoir vu l’ange Gabriel.

Dans les évangiles, Jésus affirme : « Je suis le chemin, la vérité et la vie,
nul ne vient au Père que par moi ». Et pourtant dans ce livre apocryphe il
aurait déclaré « après moi viendra la splendeur de tous les prophètes et
saints ». On y trouve des paroles comme :

« Le messager de Dieu est une splendeur… Il est orné d’esprit de
charité et de miséricorde, d’esprit de justice et de pitié, d’esprit de
mansuétude et de patience. Dieu lui en a accordé trois fois plus qu’à
toutes ses créatures. »

Quand on sait quel genre d’homme était Mahomet, et comment il agissait,
cette prophétie est d’une grande inexactitude. Les gens qui ont été ses
victimes et ceux qui meurent encore aujourd’hui par les extrémistes qui
obéissent à ses paroles et reproduisent ses actes, auraient été offusqués. C’est
faire offense à l’intelligence des musulmans eux-mêmes que de leur présenter
un tel livre comme l’authentique évangile.

J’ai mis rapidement fin à cette lecture, car il n’y a pas matière sérieuse
poussant à la réflexion ou au doute. On ne parvient même pas à imaginer
que cela aurait pu être vrai, car il est évident que ce livre est un faux
évangile. Pourtant, cet argument a été utilisé, selon des dires, pour
convaincre beaucoup de chrétiens à se convertir à l’islam.