LA SEMENCE D’ABRAHAM

En étudiant la Parole de Dieu, nous pouvons constater que lorsque les Écritures nous parlent de semen­ce, c’est avant tout par rapport aux plantes (agriculture, botanique) et ensuite rela­tivement aux personnes. Outre son sens litté­ral dans le monde naturel, nous pouvons voir aussi que l’idée de « semence » s’appli­que à un nouvel ordre de vie, que Dieu a introduit par le Seigneur Jé­sus (la Parole devenue chair). Nous découvrons ainsi que cette vie de Christ est reproduite dans une nou­velle génération, à la­quelle nous pouvons appar­tenir au­jourd’hui.

Le mot « semence » est souvent utilisé comme symbole de la vie spiri­tuelle. Première­ment, il représente un nouvel ordre de vie que Dieu intro­duit par le Sei­gneur Jésus (Gen. 3. 15; Jean 12. 2; Gal. 4. 4). Deuxiè­mement, il nous montre cette vie qui est reproduite dans une nouvelle génération à laquelle nous appartenons aujourd’hui (Ps. 22. 23; et 126. 6; Ésa. 53. 10; Mal. 2. 15; 1 Jean 3. 9), comparez aussi le début de ce livre, où nous avons considéré le Plan de Dieu, son Pro­gramme, son But, sa Puissance et son Résultat, tels qu’ils sont illus­trés par la « se­men­ce ». Nous allons considérer maintenant la vie d’Abra­ham et sa se­men­ce.

Le sujet d’Abraham et de ses descendants constitue une nouvelle subdivision dans notre étude portant sur « une semence de Dieu ». Comme c’est le cas avec tous les « héros» de la foi, Dieu introduit quelques traits caractéristiques de son Fils dans la vie d’Abraham. Bien entendu, ceux-ci ne sont présents d’une façon parfaite que dans la vie du Seigneur.

Dans cette étude de la semence, deux aspects attirent notre attention. Le premier : l’œuvre de Dieu par la grâce souveraine selon son plan. Le deuxième : les actes de l’homme selon sa responsabilité et la façon dont l’homme réalise ce plan dans sa propre vie, donc sa réac­tion à ce plan. Cette partie de notre étude se divise en huit sections. Certains points mentionnés dans une section peuvent être traités de manière plus détaillée dans une sec­tion ultérieure.

« Ce qui est spirituel n’est pas le premier, mais ce qui est animal; en­suite ce qui est spirituel » (1 Cor. 15. 46).

Notre étude commence avec 1 Corinthiens 15. Ce merveilleux et important chapitre renferme plusieurs principes de base essentiels pour la compréhension de certains passages mentionnés dans ces sections. Dans le livre de la Genèse, nous relevons au moins sept cas qui démontrent la pensée mentionnée en 1 Corinthiens 15. 46, et cer­tains de ces principes sont mentionnés dans ce chapitre :

  • La signification du corps et des choses naturelles en général que Dieu utilise comme « outils » pour exécuter ses pensées dans ce monde. Quand nous utilisons nos corps ou les choses naturelles appartenant à cette création comme de simples objets, nous les rabaissons au niveau d’idoles ! Par con­tre, Dieu veut utiliser nos corps pour manifester Christ dans ce monde et à notre époque méchante, comme témoignage des choses qu’il manifestera dans le monde à venir. Cette œuvre de Dieu sera alors visible dans ce monde futur et sera admirée publiquement pour sa gloire. Nos corps ont donc une valeur actuelle comme vases à la gloire de Dieu (1 Cor. 6. 19-20; Phil. 1. 20; 2 Cor. 4. 7).
  • Le processus et le résultat de la résurrection sont décrits en 1Co­rinthiens 15. 35-57. Nous avons déjà mentionné comment Dieu a introduit l’image de la vie et de la puissance de résurrection en rapport avec les plantes (Gen. 1. 11-12) puis avec l’hom­me (Gen. 22; Jean 12. 24; Ésa. 53; Ps. 22). Elle nous révèle la gloire de Dieu (comparer avec Jean 11).
  • Par la mort et la résurrection de Christ, Dieu introduit une nou­velle origine ou source de vie (v. 47), une nouvelle Tête (v. 45), un nouvel ordre (v. 46), un nouveau corps (v. 44), un nouveau modèle, une nouvelle caracté­ristique et une nou­velle image selon son dessein (v. 47-48). Certains de ces principes sont déjà illus­trés par Abraham et sa semence ; soulignant l’impor­tance des types, dans lesquels la doc­trine du Nou­veau Testament est préfi­gurée.

La vérité contenue en 1 Corinthiens 15. 46, en ce qui concerne la se­mence d’Abra­ham, est con­firmée par Romains 9. 6-13, où Ismaël est mis en contraste avec Isaac. Nous trouvons la même vérité en Jean 8. 32-59. Ce dernier passage nous présente le Seigneur Jésus et les vrais enfants d’Abra­ham d’une part, et les descendants non régénérés d’Abraham d’au­tre part. « Tous ceux qui sont issus d’Israël ne sont pas Israël » (Ro­m. 9. 6; cf. Rom. 2. 28, Jean 1. 13 et Gal. 6. 16). « Pour être la semence d’A­braham ils ne sont pas tous enfants » (Rom. 9. 7). Ici nous trouvons la même distinction que le Seigneur a établie dans Jean 8. 33, 37 et 39. Bien que le Seigneur les ait reconnus comme étant la postérité d’Abra­ham selon la chair, il ne les a pas comptés comme ses enfants spirituellement, puis­que ne manifestant pas les traits (voir ci-dessous) qui caractérisaient Abraham.

« Mais en Isaac te sera appelée une semence ; non pas les enfants de la chair mais les enfants de la promesse donc les enfants de Dieu sont comp­tés comme semence » (Rom. 9. 7-8). De toute évidence, Dieu ne peut reconnaître comme une « semence de Dieu » le résultat des ac­tions et des efforts de la chair. En d’autres termes, quand Dieu cher­che « une semence de Dieu » en Abraham et en ses descendants, il n’accepte rien de ce qui provient de la chair (voir Gal. 4. 21-31; Jean 1. 13; 3. 6; 6. 63) mais trouve la vraie semence dans « les enfants de la promesse » (en Isaac, comme un type de Christ, et en ceux qui lui sont liés), qui seuls sont « en­fants de Dieu ».

Dans Jean 8 sont mentionnés les descendants d’Abraham en état d’escla­vage. Le Sei­gneur Jésus est venu pour les délivrer et en faire ainsi de vrais enfants d’Abra­ham. Pourtant les Juifs l’ont rejeté, lui, ses paroles et ses œuvres. Dans ce chapitre, la ligne de démarcation entre les deux se­mences est à nouveau mention­née, comme celle relevée dans les chapitres 3 et 4 de la Ge­nèse qui parlent de la se­mence de la femme, qui est Christ en premier lieu. Mais cette se­mence s’applique également à ceux qui lui appar­tiennent et lui res­semblent par leurs traits ; elle est représentée par Abel et Seth alors que la semence du serpent, est manifestée par Caïn et Lémec. Ces deux lignées continueront d’exister jusqu’à la fin du livre de l’Apoca­lypse.

En Jean 8 le Seigneur fait ressortir le caractère essentiellement diffé­rent ­des deux se­men­ces. La se­mence de la femme, vraie semence de Dieu, s’applique pre­mière­ment au Sei­gneur lui-même (v. 28), le Fils de l’hom­me, qui est en même temps le « Je Suis » : quel merveilleux mystère! Cette semence caractérise aussi ceux qui persévèrent dans sa parole, ceux qui sont ses disciples (v. 31), vrais fils libé­rés, et en­fants d’Abra­ham. La se­mence du serpent est reflétée dans la vie des Juifs non régénérés, qui sont descendants d’Abraham selon la chair. Le Seigneur leur dit : « Vous, vous avez pour père le diable, et vous voulez faire les convoi­tises de votre père. Lui a été meurtrier dès le commencement, et il n’a pas persévéré dès le commence­ment, car il n’y a pas de vérité en lui. Quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, car il est menteur, et le père du mensonge » (Jean 8. 44). Cette vérité ne pouvait pas être dite plus clairement. Quel triste état que les en­fants de la chair, même s’ils sont descendants d’Abra­ham généalogique, ils re­produisent les caractères de ­leur « père » le diable : la violence et la corrup­tion !

Le Seigneur était venu pour libérer son peuple de la servitu­de : de l’escla­vage du péché (Jean 4), du légalisme (Jean 5), de l’assujettis­sement à ce monde (Jean 6 et 1 Jean 2), et de la puissance de la mort (Héb. 2 et 2 Tim. 1). Quoique le peuple de Dieu dans son ensemble soit dans la servitude, dans un état irrémédiable (Ésa. 6; Jean 8; 2Timothée; Apoc. 3), ayant rejeté Celui qui venait le délivrer, Dieu, dans sa grâce souve­raine, se prépare un résidu en qui il trouve la réponse à ses désirs, selon les principes qu’il a énoncés au commencement. C’est ce que Paul explique en Romains 11, où il parle de lui-même comme étant « de la se­mence d’Abra­ham » (v. 1).

En Abraham et en sa semence spiri­tuelle l’accent est mis sur ce qui est réservé pour Dieu

Abraham a été appelé à quitter un monde qui était égocentrique donc centré sur l’homme, un monde sous l’emprise de Satan. Même Ab­ram, descen­dant de Sem, était un idolâtre (comme Josué le souligne au ch. 24. 2). Toute­fois, quand le Dieu de gloire lui apparut (Act. 7. 2) et qu’il fut appelé par Dieu, tout changea dans sa vie. Attiré par cette gloire et l’excellence divine, il partit pour le pays que Dieu lui mon­trerait. Il quitta la ville centrée sur l’homme, Ur des Chaldéens (Gen. 11), ne sachant où il allait. Mais par la foi, il entrevoyait déjà la cité qui a les fonde­ments, la cité de Dieu (Héb. 11).

Comme nous devons montrer que nous sommes les enfants d’Abra­ham (Ro­m. 4; Gal. 3 et 4), nous devons réaliser l’importance du princi­pe : ce qui est le plus important doit être considéré en premier lieu. Ce qui est de Dieu et pour Dieu doit avoir la priorité. Aucun raisonnement, émotion ou argument humains ne doivent être pris en considération. Tout doit être soumis à Dieu et servir ses inté­rêts ­déjà ici-bas ; quoique vivant dans ce monde, nous n’appartenons plus à ce monde.

Cet appel a fait d’Abraham un pèlerin, c’est-à-dire quelqu’un qui est en chemin vers un autre pays. Cet appel fait aussi de lui un hôte de passage, car même arrivé dans la terre promise, il ne la possède pas encore. Finalement, il fait de lui un étranger (voir Héb. 11 et 1 Pi. 2). Donc, une des caractéristiques d’Abraham et de sa semence est une tente dans ce mon­de. Bien qu’étant comme et avec Abraham, héri­tiers[1] du monde à venir, selon Romains 4. 13, nous possédons déjà toutes choses par rapport à Christ (1 Cor. 3. 21-23). Nous habitons donc dans des tentes et devons témoigner publiquement que nous n’appartenons pas à ce monde gouverné par Satan. En même temps, nous proclamons et reconnaissons les droits du Seigneur sur toutes choses. Par ce double témoignage, nous montrons que nous sommes en route vers un monde nouveau où la justice habite, rejoignant ceux qui nous ont déjà devancés dans ce lieu.

C’était une joie pour Dieu de faire hériter le pays de la promesse selon son propre dessein (dès la fondation du monde) à Abraham et ses enfants. Pour nous chrétiens, ceci est une image de ce que Dieu nous a réservé dans le Christ Jésus dès avant la fondation du monde (Éph. 1-3; Tite 1. 2; 2 Tim. 1. 9). Sommes-nous réjouis en contem­plant notre Seigneur maintenant couronné de gloire et d’hon­neur (Héb. 2. 9) ? Jouissons-nous déjà maintenant des bénédictions spiri­tuelles de notre patrie céleste, tout en veillant à ne pas garder égoïste­ment toutes choses pour nous-mêmes, mais en les partageant avec d’autres dans un esprit d’adoration ?

La semence d’Abraham et le pays

La semence d’Abraham et le pays sont indissolublement liés en­semble. Genèse 12. 7 associe le pays à la présence et à l’adoration du Seigneur. Genèse 13. 15-16 s’applique au peuple terrestre, relative­ment au monde à venir ; tandis que Genèse 15. 4-6 s’applique à un peuple céleste. Genèse 15. 18, dévoile l’immensité du pays (dans le sens prophétique et spirituel). Par rapport au pays, Abraham et Isaac sont marqués par les puits qu’ils creusent dans le pays (surtout Gen. 26). Comme passant à travers ce monde ils sont reconnus par leurs tentes ! Dans le pays, il y a un lien intime entre les autels, pour expri­mer la communion avec Dieu et l’ado­ration, et les puits, pour jouir des ressources du pays de la promesse. Est-ce que nous aussi avons une tente, un autel et un puits ?

L’alliance de Dieu avec Abraham et sa semence est fondée sur la circoncision, qui parle du renoncement à la chair. Relativement à la circoncision et à son application au temps actuel, il serait bénéfique de consi­dérer ces choses dans les passages suivants : Romains 2 et 4 ; Colossiens 2 ; Philippiens 3 et Josué 5. Pour pouvoir jouir du pays[2], des bénédictions célestes en Christ, il faut appli­quer spirituel­lement la vérité de la circoncision. Nous sommes sur la terre afin de vivre pour Dieu, aussi mettons en priorité ses intérêts. En ce faisant, nous serons alors des enfants et des fils d’Abra­ham. Nous re­vien­drons sur ce point plus loin.

Abraham était un adorateur. Selon la révélation que Dieu lui a don­née, Abra­ham a répon­du avec un esprit d’adoration et de vénération. À qua­tre reprises, nous lisons qu’A­bra­ham a construit un autel[3], afin d’hono­rer et d’adorer son Dieu. À une occa­sion, afin d’être rétabli après une chu­te, il retourne à son autel. Ceci souligne à nouveau l’importance de mettre les intérêts de Dieu en priorité, et de lui don­ner une réponse sincère. Quand nous considérerons la relation de fils à père, nous reviendrons aux points ci-dessus.

Pourquoi Abraham est-il appelé un « ami de Dieu » ?

Parce qu’Abraham a apprécié ce qui est précieux pour Dieu, et a eu à cœur les intérêts suprêmes de Dieu, il fut appelé ami de Dieu, une personne qui aime Dieu. Un verset des plus merveilleux par rapport à Abra­ham est celui-ci : « Abraham, votre père, a tressailli de joie de ce qu’il verrait mon jour ; et il l’a vu, et s’est réjoui » (Jean 8. 56).

Ceux qui par grâce font partie de la famille d’Abraham (Rom. 4 et Gal. 3-4) doivent être caractérisés comme ayant les mêmes intérêts, motifs, zèle spirituel et joie. Quelques passages appuieront ces consi­dérations :

· 2 Chroniques 20. 7. À l’époque de Josaphat, seul un petit résidu était resté fidèle au pays et à son centre d’adoration choisi par Dieu (élé­ments importants concernant la vie d’Abraham). Lorsque ce résidu est attaqué par l’ennemi, le roi fait référence à Abraham. Nous cons­tatons souvent que le peuple de Dieu se réfère aux promesses incondi­tionnelles de Dieu à Abraham dans les jours de manquement, comme fondement de leur supplication à Dieu. Nous voyons clairement l’attitude qui avait autrefois caractérisé leur ancêtre. Ce petit résidu, sous la direction de leur roi qui craignait Dieu, ne voulait rien céder de l’héritage. Nous chrétiens possédons aussi un héritage, comme nous l’avons vu plus haut. Qu’en est-il de notre zèle pour le défendre et le conserver ? Avons-nous aussi cette belle et réelle conviction quand nous sommes attaqués par l’enne­mi? « N’est-ce pas toi, notre Dieu, qui as dé­pos­sédé les habitants de ce pays devant ton peuple Israël, et qui l’as donné à toujours à la semence d’Abra­ham, ton ami (= qui t’a aimé) ? »

· Ésaïe 41. 8. Plus tard, le futur résidu établi dans la terre promise, et dans des circonstances semblables à celles des jours de Josaphat, devra faire face à une idolâtrie de la pire espèce. Que fera alors cette semence d’Abra­ham ? Dans sa grâce souveraine, Dieu produira en eux les mêmes traits, comme il l’a fait pour Abraham. Dieu s’iden­tifiera publiquement avec ce pauvre petit résidu et parlera de lui affec­tueusement disant qu’il est « la semence d’Abraham, mon ami ». Il verra en lui les mêmes intérêts et motifs qu’avait Abraham. Qu’en est-il de vous et moi, qui vivons maintenant dans un monde « chré­tien » idolâtre et méchant, où les intérêts de Dieu sont bafoués ?

· Jacques 2. 22-24. Le Nouveau Testament témoigne aussi d’Abra­ham comme étant l’ami de Dieu. La foi d’Abraham a brillé quand il a offert son fils sur l’autel, non seulement en signe d’obéissance, mais également par amour pour Dieu[4]. Dans Jacques 2, nous trouvons la mention de la semence d’Abra­ham en tant qu’ami de Dieu, au verset 5 : « Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres quant au monde, riches en foi et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ? » Il est remarquable que nous trouvions cette expression – « ceux qui l’ai­ment » (Dieu) – à cinq ou six reprises dans le Nouveau Testament ; elle nous parle de la responsabilité du croyant face aux intérêts de Dieu. Premièrement, son attitude concer­nant le pays céleste, le dessein et les promesses de Dieu et de son Fils bien-aimé, notre vrai Isaac[5] ; puis sa fidélité envers Dieu dans un monde de méchanceté (Jac. 1. 12) ; enfin, mais en priorité, la défense des intérêts de Dieu (Jac. 2. 21-24).

Abraham, le père de tous les croyants

La justification par la foi est l’œuvre de la grâce souveraine de Dieu (Ro­m. 3. 21-31), Juifs (de la circoncision) et Gentils (de l’incircon­cision) étant sur un pied d’égalité devant Dieu, par leur culpabilité mais aussi comme objets de sa grâce. Une petite diffé­rence existe pourtant entre les deux (Rom. 3. 30) : Ainsi, par la foi, « une semence de Dieu » est for­mée parmi les croyants d’entre les Juifs et les Gentils. ­Ces deux « groupes » sont donc considérés comme étant la semence d’Abraham puisque la promesse à ce sujet a été faite et reçue par la foi alors qu’il était dans l’incirconcision. ­Ainsi, Abraham est « père de tous ceux qui croient étant dans l’incircon­ci­sion », et est « père de circon­cision, non seu­lement pour ceux qui sont de la circoncision, mais aussi pour ceux qui marchent sur les traces de la foi qu’a eue notre père Abraham, dans l’incir­concision » (Rom. 4. 11-12). Un bon commentaire plus détaillé sur ce sujet devrait être consulté.

Toutes les expériences d’Abraham, décrites dans la Parole de Dieu, sont rapportées pour l’instruc­tion et l’encouragement de sa « semence ». Cha­que généra­tion de ses descendants doit apprendre les mêmes leçons, quoi­que dans des circonstances différentes, afin que « la semence de Dieu » puisse être formée et développée en eux. En d’au­tres termes, ce qui est caractéristi­que dans la foi d’Abraham doit aussi ­se refléter dans ses descendants spiri­tuels, qu’ils soient d’entre les Juifs ou d’entre les Gentils. Ce qui frappe relativement à la se­mence d’Abraham, partout dans les Écritures, c’est la promesse in­conditionnelle de Dieu et sa grâce souveraine.

Succession spirituelle

Ce nouveau point nous amène à un important principe biblique : la semence de Dieu doit se perpétuer. Ce que Dieu a commencé dans la vie d’Abra­ham doit être transmis à ses descendants. Cette œuvre, bien enten­du, a été accomplie d’une manière parfaite par et dans notre Seigneur Jésus, vraie semence d’A­bra­ham. Mais cette semence ne doit pas être frelatée en nous ; aucun mélange n’est admis (comparer avec Lév. 19. 19). Ainsi, Agar ne pouvait pas être la mère de la vraie se­mence[6], selon Galates 4, car aucun élé­ment de la chair, comme le légalis­me, l’égo­ïsme, la confiance en soi et l’or­gueil ne peut entrer dans la conception de cette semence.

La vraie circoncision, donc son application spirituelle, écarte tous ces éléments. De plus, aucune succession offi­cielle sous quel­que forme que ce soit ne garan­tira la continua­tion d’une vraie semence de Dieu. Ainsi, l’œuvre de Dieu et la respon­sa­bilité de l’homme sont complé­mentaires l’une de l’autre, et toutes deux font partie d’un processus conservant cette semence de Dieu au cours des géné­ra­tions ; compa­rer ici, par exem­ple, 2 Timothée 2. 1-2 ; 2 Pierre 1. 12-21 ; Jean 21. 22[7].

La semence d’Abraham et « sa semence »

Le sujet d’Abraham et de sa semence repose sur les promesses de Dieu. « Or c’est à Abraham que les promesses ont été faites, et à sa se­mence. Il ne dit pas : et aux semences, comme par­lant de plu­sieurs; mais comme parlant d’une seule ; et à ta semence, qui est Christ » (Gal. 3. 16). Donc « la bénédic­tion d’Abraham » touche aussi les nations, à cause de la mort et de la résurrection de Christ. Dans ce con­texte, nous référons à quelques passages, comme Galates 3. 14; Genèse 12. 7 ; 13. 15; 24. 7, par rapport à la semence d’Abra­ham et les nations, mais surtout à Genèse 22. 17, parce que le fils d’Abraham, Isaac, est le type de la vraie semence d’Abraham, sur la base de son sacrifice, de sa mort et de sa résurrection (cf. Héb. 11. 17-19).

Toutes les promesses de Dieu sont données, confirmées et réa­lisées en lui « le Fils de Dieu, Jésus-Christ » (voir aussi 2 Cor. 1. 20). Voilà la conclusion de Paul : « Or si vous êtes de Christ, vous êtes donc la semence d’Abra­ham, héritiers selon la pro­messe » (Gal. 3. 28-29). De ce fait tous les croyants sont étroitement liés à Christ, merveille de notre dispensation. La semence (les cro­yants, Juifs et Gentils, vus dans le Christ Jésus, comme une nouvelle famille) est identifiée à la vraie Se­mence, Chef de cette nouvelle génération.

La notion d’un résidu est à nouveau confirmée dans le livre des Hé­breux, comme nous l’avons déjà vu dans Romains 9. 7-8 et 11. 5. Dans Hébreux 2. 16, nous lisons : « Il prend la se­mence d’Abra­ham », non pas tous ses descen­dants physiques, mais ceux qui manifestent le même ­état spiri­tuel qu’Abraham, sont consi­dérés par Dieu comme la vraie semence d’Abra­ham, une vraie semence de Dieu. Il en sera ainsi du résidu fidèle : Dieu le considérera comme le véritable Israël (Rom. 11. 26).

Les enfants, les fils et les filles d’Abraham

Dieu dit au sujet d’Abraham dans Genèse 18. 19 : « Car je le connais, et je sais qu’il commandera à ses fils et à sa maison après lui de gar­der la voie de l’É­ternel, pour prati­quer ce qui est juste et droit, afin que l’Éter­nel fasse venir sur Abraham ce qu’il a dit à son égard ». De nouveau « une semence de Dieu » est liée à la responsabilité de l’hom­me.

·                    Les « enfants de Dieu » dans le Nouveau Testament représen­tent Dieu dans ce monde, en reflétant son excellence, en bril­lant comme des luminaires et en manifestant son amour. Ainsi, les enfants d’Abra­ham, qu’ils soient Juifs ou Gentils, le représentent. Ce qui carac­té­ri­sait Abraham est reproduit dans la vie de ses enfants­­ comme un témoignage pour Dieu dans ce monde.

·                    Les « fils » révèlent la relation avec Dieu et la satisfaction qu’il en trou­ve. Dieu a appelé Abraham, non seulement pour l’avoir comme son témoin fidèle, au milieu des adorateurs d’idoles du monde, dont il était tout à fait séparé, mais aussi pour qu’il par­tage les se­crets de son cœur avec lui.

Ce thème de relation fils à père est développé aussi dans d’autres passages de la Bible ; c’est le cas des sacrificateurs, les fils d’Aaron, illustration des fils dans la maison de Dieu aujourd’hui, comme on les trouve dans les écrits de Luc et Paul. Toutefois cette relation dé­bute avec Abra­ham (Gen. 12. 7-8; 13. 18; 22. 5-14). Dans 2 Corin­thiens 6. 14-18, notre respon­sabilité est engagée pour réaliser cette relation de fils à père envers Dieu lui-même. Cet aspect est également illustré par l’histoire de Zachée, un fils d’Abra­ham (Luc 19. 1-10).

Évidemment, notre Seigneur Jésus était le vrai fils d’Abraham ; c’est pourquoi le Nouveau Testament parle de lui en premier lieu, cet homme humble de Naza­reth, Jésus, « l’Éternel sauve » qui est Dieu lui-même. Il est aussi Emmanuel, le Dieu puissant au milieu et avec son peuple, et également la vraie semence d’Abra­ham. Il était le vrai Fils d’Abraham, qui a satisfait par­faite­ment tous les conseils et les désirs de Dieu et ainsi il est le vrai Isaac, le fils de l’amour du Père, en qui le Père a trouvé son bon plaisir (Matt. 3. 17; 12. 18; 17. 5).

·                    Dans Luc 13. 16, nous avons le récit d’une fille d’Abraham. ­Elle ne pouvait se considérer comme une telle fille avant l’inter­vention de la grâce sou­veraine du Seigneur, qui est venue pour la délivrer de l’es­clavage de la loi, de Satan, et des cérémonies religieuses préparées par l’homme. C’est seulement ­après cette intervention qu’elle pourra glorifier Dieu. Ce qui est arrivé à cette femme est une expérience que toute la géné­ration des fils et des filles d’Abra­ham devra faire, et si cet événement était nécessaire pour cette ­épo­que, il reste valable pour aujourd’hui et le restera pour le résidu futur.

L’empressement d’Abraham pour le sacrifice

Abraham a quitté son pays puis sa famille, après que Dieu fut interve­nu au sujet de la maison de son père[8]. Alors Dieu l’a grande­ment béni ! Le résidu futur passe­ra par des exercices semblables, et peut-être nous aussi, afin que nous soyons une vraie semence d’Abraham. « É­coute, fille ! et vois, et incline ton oreille ; et oublie ton peuple et la mai­son de ton père ; Et le roi désirera ta beauté, car il est ton sei­gneur : adore-le » (Ps. 45. 10, 11). D’autres leçons de la vie d’A­braham nous dévoilent son degré de foi et son intelligence spirituelle :

•           Il a renoncé au droit qu’il avait de faire le premier son choix, mais Dieu lui a répon­du merveilleusement (Gen. 13. 14-17).

•           Dans Genèse 14, Abram est capable de renoncer à tout ce que ce monde peut lui offrir, parce qu’il a rencontré le sacri­ficateur royal du Dieu Très-Haut.

•           Dans Genèse 15, Abram comprend que ses descendants vivront en escla­vage pendant 400 ans, et seront par la suite enrichis par Dieu et intro­duits dans la terre promise décrite comme une terre de vaste étendue.

•           Après son expérience humiliante avec Agar (Genèse 16), Abram est prêt à renoncer de fournir sa propre semence. Mais Dieu intro­duit une alliance éter­nelle en Isaac, fruit de la propre intervention de Dieu (voir Romains 4 et Hébreux 11). Dieu s’est engagé en­vers cette nouvelle généra­tion de la semence d’Abraham qui existe encore aujourd’hui : ceux qui ont appris à renoncer à la chair d’une façon prati­que, avec eux Dieu établit une réelle commu­nion, comme nous le voyons dans Genèse 18.

•           Dans Genèse 22, Abraham est prêt à renoncer à son « fils unique, Isa­ac » ; et par cet exercice profond, sa foi fortifiée se repose sur la puis­sance de la résurrec­tion de Dieu. C’est sur la base de la résur­rection que Dieu accomplit toutes ses promesses, comme mentionné ci-dessus, et décrites en Genèse 22. 17-18, en faveur des des­cen­dants spirituels d’en­tre les Gentils et les Juifs[9]. Cette même puissance en résurrection s’appliquera à la nation d’Israël du jour à venir et aux na­tions lors du millénium.

•           Dans Genèse 23, sa bien-aimée Sara est enlevée par la mort ; Abra­ham comprend par ce fait douloureux encore mieux la valeur de sa résurrec­tion.

•           Dans Genèse 24, Abraham place tous ses biens sous l’admi­nis­tration de son serviteur (v. 10) et les donne à son fils (v. 36; 25. 5). Abraham est considéré ici comme un type de Dieu le Père qui confie tous ses trésors au service du Saint-Esprit (cf. Jean 14-16 et 1 Cor. 2. 7, 10, 12). Mais qui peut être comparé au Seigneur ? Même si Paul a connu des expériences semblables (Phil. 3; 2 Cor. 1. 8-10), lui seul­ a tout abandonné de manière à tout gagner (2 Cor. 8. 9). Ainsi en sera-t-il pour la nation d’Is­raël, comme nous l’il­lustre l’histoire de Jonas : son abnégation de soi a suscité des bénédictions aux na­tions.

« Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! » (2 Cor. 9. 15).

 

 

Cet article est distribué gratuitement et peut être reproduit sans modification pour la distribution gratuite. On peut se procurer un autre exemplaire de cette étude ou une liste de brochures et d’études à l’adresse suivante :

 

« LES SAINTES ÉCRITURES »

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©  Alfred E. Bouter 2001 (Imprimé/adapté le 11 février 2002)



[1] Ce sujet est décrit plus en détails par exemple dans Éphésiens 1. 14, 18; Colossiens 1. 12 ; 1 Pierre 1. 4.

[2] Éphésiens 1. 3 est l’équivalent présent aux illustrations de l’Ancien Testament en ce qui concerne le pays. Le pays de la promesse pour le chrétien d’aujourd’hui a rapport avec Christ dans la gloire, avec la promesse de la vie éternelle (2 Tim. 1. 1-2; Tite 1. 1-2; 3. 7). C’était l’intention de Dieu le Père de partager ce pays avec ses fils (Éph. 1). Nous proposons que le pays terrestre de la promesse et l’in­tention sont une illustration de ceci, surtout en ce qui concerne sa jouis­sance pratique. Ceci implique un effort spiri­tuel, lequel était aussi néces­saire pour traverser le Jourdain, pour entrer dans le pays et l’habiter, pour conquérir les ennemis et distribuer l’héritage, pour prendre possession de sa part, rela­tivement à Silo et au service des sacrificateurs lévitiques et des Lévites.

[3] Remarquer soigneusement sa progression par rapport à la construction de ses autels : (1) Genèse 12. 7; (2) Genèse 12. 8; (3) Genèse 13. 18; (4) Genèse 22. 1-19.

[4] Dans la personne de Rahab, nous trouvons le principe de l’a­mour envers le prochain, de l’amour pour le peuple de Dieu.

[5] Concernant l’expression « aimer Dieu » comparons 1 Corinthiens 2. 7-10 ; Romains 8. 28-30 ; 1 Jean 4. 19 et 5. 1.

[6] Abraham ne pouvait pas non plus être le père de cette semence de Dieu, à cause de la condition dans laquelle il se trouvait par cette union avec Agar. Genèse 16 et Galates 4 nous donnent beaucoup plus de détails. Genèse 17 et les passages du Nouveau Testament que nous avons men­tionnés plus haut, nous mon­trent clairement que la circonci­sion était nécessaire, avant que la semence puisse naître d’Abraham.

[7] Pour plus de détails sur ce sujet de la succession morale, j’aime­rais référer à mon livre sur 2 Timothée, intitulé « Approuvé de Dieu ».

[8] Ceci ne veut pas dire que nous devons négliger nos parents dans la chair; en effet, 1 Timothée 5 nous enseigne tout le contraire ! Toutefois, ici, nous devons mettre Dieu en priorité et placer nos intérêts et toutes les autres person­nes dans le contexte de notre relation avec Dieu. Seulement lorsque nous serons soumis à Dieu, pourrons-nous être une bénédiction pour nos parents, nos enfants, notre famille et pour tous ceux qui nous entourent.

[9] Aussi en ce qui concerne les descendants physiques et nés de nouveau du futur, de même que les nations qui seront introduites dans l’ère du règne du millé­nium, après le « criblage » décrit dans le jugement de Matthieu 25. 31-46.