Y-a-t-il des raisons de douter de la véracitée du Nouveau Testament ?


Des ouvrages de grands auteurs classiques de l’antiquité nous sont parvenus,
sans qu’on ne doute de l’authenticité de leur contenu. Aucun d’eux n’est
autant attesté par des sources externes que le Nouveau Testament. Malgré
les nombreux critiques formulés contre lui, il reste le livre qui présente le plus
haut degré de fiabilité. À titre de comparaison, l’Iliade poèmes épiques dont
l’épopée se déroule pendant la guerre de Troie, et comportant environ
15 000 vers, date de 750 ans avant Jésus. Nous ne possédons aucun original
de cet ouvrage. La copie la plus ancienne qui nous est parvenue remonte au
IX siècle après Jésus, soit plus de 1500 plus tard.

Des dénégateurs du Nouveau Testament prétendent qu’il a été mis par écrit
200 ans après les faits, et que par conséquent, les rédacteurs pouvaient écrire
n’importe quoi sans risquer d’être contredits par des témoins oculaires. En
outre, on affirme que le Nouveau Testament dont nous disposons n’est que
la copie de copie dont on ne peut prouver l’authenticité.

Certes, le codex SINAITICUS qui contient le Nouveau Testament remonte à
environ 250 ans après les faits, mais il est tiré de copies et de rouleaux plus
anciens. Le livre que vous lisez ne sera peut-être plus là dans 100, vous
achèterez probablement un autre. Les évangiles ne sont pas des mythes
comme ceux trouvés dans d’autres livres. En comparaison, bien avant l’islam,
la Bible existait sous forme reliée, appelée codex.

Pourquoi la Bible serait-elle moins fiable que la poésie d’Aristote, écrite vers
340 avant Jésus ? Elle n’est connue que par cinq copies, dont la plus vieille
est faite 1400 ans après l’original. La guerre de Gaule de Jules César ne nous
est parvenue qu’à travers 10 copies, datant de 1000 ans après l’original ; soit
un espacement de l’original 5 fois plus grand par rapport au Nouveau
Testament.

Mais la grande différence d’avec le Nouveau Testament, est le nombre de
copies. Même si de nombreuses bibles chrétiennes ont été brûlées par un édit
de l’Empereur romain Dioclétien en 303 après Jésus, on a retrouvé 5 000
manuscrits du Nouveau Testament écrits dans la langue grecque d’origine. Si
on y ajoute les traductions dans les autres langues, telles que l’araméens, le
Copte, etc., on arrive à 24 000 manuscrits. Ils sont datés du deuxième au
quatrième siècle.

Ces copies de différentes langues et de différentes régions permettent aux
chercheurs de procéder à des comparaisons très étendues. Le Coran n’offre
pas cette possibilité, car certains califes faisaient brûler les Corans de leurs
prédécesseurs et mettaient à mort celui qui conservait un exemplaire dans sa
maison. Ils devaient avoir peur des comparaisons.

Ces milliers de manuscrits bibliques permettent d’écarter des copies erronées,
ou d’éventuelles malfaçons volontaires. C’est ainsi que de nombreux
apocryphes ont été écartés, tout en restant consultables. Aucune logique ne
permet de donner priorité à un manuscrit racontant que Jésus parlait dans
son berceau, qu’il donnait vie à des oiseaux de boue, ou qu’il naquit sous un
palmier dattier, alors que les autres manuscrits n’en font aucune mention, ou
donnent tous un même lieu de naissance.

Ces milliers de copies forment un rempart solide contre toute falsification du
texte d’origine. Les experts reconnaissent qu’aucun document de l’antiquité
n’est aussi bien attesté que le Nouveau Testament. Mais quelles preuves
solides disposons-nous pour dire que l’écriture du Nouveau Testament
remonte à une date plus proche des événements que celle donnée par
certains critiques ?

En 140 après Jésus-Christ, Marcion, un hérétique, mentionna onze des vingt-
sept livres du Nouveau testament, en l’occurrence : l’évangile de Luc, les
épitres de Paul, à l’exception des deux lettres à Timothée, à Tite et des lettres
aux Hébreux.

Un autre indice : Polycarpe, un disciple de l’apôtre Jean, celui qui reçut la
vision de l’Apocalypse, a rédigé une lettre aux croyants de la ville de
Philippe dans laquelle il mentionne tous les livres du Nouveau Testament.
Cette lettre a été rédigée entre 110 et 135.

En l’an 96 après Jésus, Clément de Rome cite dans une de ses lettres
l’évangile de Matthieu, celui de Jean et la première lettre de Paul aux
Corinthiens. Pour que ces livres soient déjà si populaires déjà en 96, ils
durent faire l’objet d’une rédaction plus tôt qu’on ne le dit. Cela prouve que
la totalité des livres du Nouveau Testament a été rédigée du vivant de
certains témoins principaux. Ce qui réfute les accusations de rajouts tardifs
après la mort de tous les témoins oculaires des faits. On a retrouvé en Egypte
des fragments de l’évangile de Jean datant de 125 après Jésus.

Par ailleurs, il existe 36 000 fragments des livres du Nouveau Testament. Les
experts reconnaissent que même si tous les livres du Nouveau Testament
venaient à disparaître, on pourrait reconstituer l’ensemble du Nouveau
Testament à partir de ces fragments. John Robinson, un expert, pense que la
plus grande partie du Nouveau Testament fut rédigée entre les années 40 et
65 après Jésus. Les attaques et les accusations portées par de nombreux
djihadistes verbaux contre la Bible, ne servent qu’à renforcer la foi des
musulmans dans le Coran et surtout dans leur prophète.

En effet, beaucoup croient que Mahomet fut un vrai prophète. Ils se basent
sur des récits bibliques qu’il fit écrire dans le Coran. Ils se demandent
comment pouvait-il connaitre ces histoires, lui qui ne savait pas lire. Mais il
savait écouter. C’est pourquoi certains récits bibliques sont éparpillés un peu
partout dans le Coran. Par ailleurs, les califes, n’étaient pas très scrupuleux.
L’idée qu’on peut tout faire pour défendre sa religion pouvait leur donner
le droit de compléter ultérieurement le Coran à partir de la Bible, des livres
apocryphes et du Talmud juif.

Certains textes du Coran prouvent qu’ils ne pouvaient pas avoir été écrits
par Dieu ni par Mahomet. C’est le cas de sourate 17 : 1 déclarant :

« Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur
[Muhammad], de la Mosquée Al-? aram à la Mosquée Al-Aq ? a, dont nous
avons béni l’alentour, afin de lui faire voir certaines de nos merveilles.
C’est Lui, vraiment, qui est l’Audient, le Clairvoyant »

Si Mahomet décéda en 632 et que la Mosquée d’Al-Aqsa débuta après sa
mort, sous le calife Omar ibn Al-Khattâb, en 679. Il est évident qu’il s’agit de

l’un des ajouts effectués lors des remaniements d’un calife. Cette histoire fut
inventée peut-être des siècles plus tard par des gens qui n’ont pas tenu
compte de la chronologie.

L’absence de l’original d’un livre ne prouve pas qu’il soit falsifié. Par ailleurs,
l’originalité n’est pas synonyme de vérité. Le Coran lui-même est un livre qui
inspire le doute, il est dénué de prophéties, rempli de contradictions et
d’erreurs scientifiques. On a fait croire aux musulmans que le codex du
Coran se trouvant en Egypte est l’un des originaux fait par d’Othman, mais il
n’est qu’une copie récente.

En comparaison, entre 1947 et 1956, on a trouvé parmi les manuscrits des
grottes de Qumran une copie presque complète du livre d’Esaïe,
probablement les mêmes textes que lisait Jésus dans le temple. Certains
remontent au deuxième et troisième siècle avant Jésus. Ils ne présentent
pourtant aucune différence majeure et encore moins doctrinale avec le livre
d’Esaïe d’aujourd’hui. Pourtant le Coran interdit sa lecture. N’est-ce pas
curieux ?

Doit-on juger les manuscrits en fonction de leur ancienneté ? Non. Si on ne
retrouve pas de Torah encore plus ancienne, c’est parce que les juifs ne
vénéraient pas les choses du passé. A propos des rouleaux de la Torah qu’on
vient de trouver à Bologne en Italie datant du XIIe siècle de notre ère, le
professeur de judaïsme, Mauro Perani de l’université de Bologne déclare :
« Ce genre de rouleau est très rare, car quand un texte de la torah est abîmé,
il perd sa sainteté et ne peut plus être utilisé. Il est alors détruit. »

Pour un seul texte abîmé, tout le rouleau était remplacé. Comme on devait
le faire assez souvent, on prenait des précautions drastiques pour reproduire
systématiquement les mêmes termes. Il en était de même de la moindre
erreur trouvée dans un manuscrit.

Comme pour le Nouveau Testament, compte tenu du nombre de
synagogues qu’il y avait en Israël et dans tout l’Empire grec et romain, pour
que tous les livres concordent dans leurs falsifications, il aurait fallu intervenir
sur chacun d’eux, ce qui était en pratique impossible. Des musulmans
consciencieux, comme l’imam Fakhr al-Din, le reconnaissent.

Ali Amin, dans son livre (Doha Al Islam) : (La matinée de l’Islam) première
partie page 358 reconnaît que c’est également le point de vue d’un groupe
d’experts en étude des révélations et spécialisés en jurisprudence et
linguistique. Sa conclusion est :

« …Par conséquence toute connivence pour des altérations et
modifications dans toutes les copies est strictement impossible. Dans le
cas contraire, pas une seule copie dans le monde n’aurait échappé à
l’altération et à la modification. Donc l’altération aurait été uniforme
partout. Ceci est logiquement impossible, et toute personne raisonnable
ne peut accepter une telle assertion. »

Par ailleurs, même si la Bible ne circulait pas sous sa forme actuelle, les gens
les plus aisés et même des étranger pouvaient se procurer des rouleaux d’un
ou de plusieurs livres de la Bible faits par des copistes, probablement des
copistes reconnus et agréés. Ils pouvaient facilement se déplacer avec leur
manuscrit et comparer ce qu’ils lisaient avec ce qu’ils entendaient dans le
temple, ou dans des synagogues. Le livre des Actes nous en apporte une
preuve. Il relate :

«… Cependant l’ange de l’Eternel parla à Philippe, en disant : ‘Lève-toi et
va vers le sud, sur la route de Jérusalem à Gaza. » Sur quoi il se leva et
partit, et voyez, un eunuque éthiopien, un homme au pouvoir, sous
Candace, reine des Ethiopiens, et qui était préposé à tout son trésor. Il
était allé à Jérusalem pour adorer, mais il s’en retournait et il était
assis sur son char et lisait à haute voix la prophétie d’Esaïe.

« Alors l’Esprit dit à Philippe : ’Avance-toi et joins-toi à ce char’.
Philippe courut et entendit l’éthiopien qui lisait à haute voix Esaïe, le
prophète, et il dit : ‘Est-ce que tu comprends vraiment ce que tu lis ?‘ Et
il dit : ’Mais comment le pourrais-je jamais, si quelqu’un ne me guide ?’
Et il pria instamment Philippe de monter s’asseoir avec lui. Or, le
passage qu’il lisait à haute voix était celui-ci :

« Comme un mouton, il a été mené à l’abattage, et comme un agneau qui
est sans voix devant son tondeur, ainsi il n’ouvre pas la bouche. Durant
son humiliation le jugement lui a été enlevé. Qui racontera les détails de
sa génération ? Parce que sa vie est enlevée de la terre. En réponse
l’Eunuque dit à Philippe : ’je t’en prie, de qui le prophète dit-il cela ? De
lui-même ou de quelqu’un d’autre ? […] »

C’était une prophétie annonçant la mort de Jésus. Certes, les gens ne
pouvaient pas avoir l’ensemble de la Bible sous forme de codex, ce qui
aurait été très difficile à transporter, et aurait coûté très cher, mais ils
pouvaient, en fonction de leurs moyens, posséder un ou plusieurs livres sous
forme de rouleau. Mais comme toujours, là où il y a de l’argent à gagner, il
y a aussi des contrefacteurs. Des évangiles et d’autres apocryphes hébraïques
circulaient aussi. Mais on pouvait faire confiance aux reproductions des
scribes du temple et des synagogues.

Pour ce djihadiste verbal, on aurait dû retrouver une bible complète
remontant du temps de Moïse. Mais c’est absurde. Etant donné que ce n’est
pas ainsi et que la Bible ne concorde pas avec les sources où le Coran a puisé
ses récits, il en a déduit, comme ceux qui ont écrit le Coran, que la Bible a
été falsifiée.