Dieu a-t-Il eu un commencement ?

Même si cette question ne nous paraît pas importante, force est de constater
que certaines personnes la posent, et s’en servent pour démontrer que
l’Univers pouvait ne pas avoir été créé. Malheureusement, nous sommes
souvent réduits à répondre après Psaumes 90:2, qui déclare au sujet du
Créateur : « Depuis toujours et pour toujours, tu es Dieu. »

Si cette réponse suffit à certains d’entre nous, elle ne satisfera pas un
scientifique cherchant à tout prouver en faisant usage de la logique. Lui
parler de mystère et de miracle ne servirait à rien. D’ailleurs, derrière chaque
mystère se cache une explication qui dépasse celui qui est mystifié. Le miracle
n’existe que pour l’homme. Nous sommes donc obligés de jouer sur le
terrain de la logique. L’expression « depuis toujours », dans le langage
humain, peut signifier un temps très lointain et indéterminé. Cela peut
vouloir dire : « d’aussi loin que je m’en souvienne ».

Personne n’ignore que Zéro plus zéro donneront toujours zéro.
L’accélération d’une particule ne crée pas de matière dans un milieu
parfaitement vide. L’esprit humain est obligé d’admettre que quelque chose
a toujours existé. Nous sommes contraints de l’accepter, quitte à imaginer
ces éléments primitifs comme ce qui ait jamais existé de plus simple, de plus
élémentaire de tous les temps.

Pour exister, on doit être fait de quelque chose. Les « esprits » ne sont pas
faits de rien. Et Dieu n’en fait pas exception. Il ne pouvait pas exister avant
les éléments dont il est constitué. Ce n’est pas l’invisibilité des esprits par
l’homme qui changera ce raisonnement. Donc, quelque chose a toujours
existé. C’est un fait !

Un humain qui ne parvient pas à comprendre cela doit avoir une énorme
carence en matière de réflexions. L’existence de ces éléments primitifs incréés,
restera pour moi le plus grand mystère de l’Univers. Une chose est certaine :
ce qui est simple précède toujours ce qui est complexe. Quelque chose de
simple a dû forcément être à la base de tout ce qui existe.

Le scientifique plongé dans son scepticisme ne pourra jamais accepter l’idée
que quelque chose d’élaborer n’ait pas eu un commencement. Un simple
caillou posé sur un autre caillou nécessite un début, une force, comme celle
de l’eau, du vent ou d’un éboulement de terrain.

Alors, comment le convaincre que l’Être Le plus élaboré, Le plus parfait, Le
plus abouti de l’Univers n’ait pas de commencement ? S’Il est complexe, Il
est forcément constitué d’éléments qui ne peuvent pas avoir toujours été
assemblés.

Si vous lui dites que cela est possible, il vous répondra : pourquoi l’Univers
et ses lois n’auraient pas pu venir à l’existence sans le concours d’une
intelligence ? En effet, pour qu’un être parfait en tout point ait pu surgir de
rien, ou avoir toujours été, nécessiterait bien plus qu’un miracle, plus qu’une
intelligence, et bien plus qu’une force. Le miracle n’existe que pour les
humains.

Si aucun être, aucune force, aucune intelligence n’existait pour rendre ce
« miracle » possible, nous sommes obligés d’admettre qu’un processus a pu se
mettre en œuvre. Sinon, on se retrouverait en présence de l’œuf et de la
poule : est-ce que le miracle existait avant Dieu, ou est-ce le contraire ? Nous
ne pouvons pas nous cacher derrière le « mystère » pour accepter ce que
notre bon sens rejette. L’existence du plus petit système complexe ne pouvait
se faire qu’à partir de ce qui a toujours existé, et que nous sommes obligés
d’admettre.

Dieu ne peut pas être fait d’électrons, de protons, de gravitons ou de
magnétons. Il ne peut pas être constitué de matière, puisqu’Il en est le
Créateur. Nous ignorons la nature de ces éléments primitifs, nous ne savons
pas s’ils se mouvaient, ou quelle était leur densité dans l’Univers.

Si les statistiques parvenaient à prouver que même après des centaines de
milliards d’années rien d’élaboré ne pouvait prendre naissance à partir de ces
éléments initiaux, cette probabilité ne tiendrait pas si on tenait compte d’une
échelle de temps beaucoup plus grande.