COMMENTAIRES BIBLIQUES GRATUITS SUR GENÈSE

Versets extraits de la Bible de J. N. Darby.


CHAPITRE 2:1-14

La création

3. Le repos. La formation de l'homme. Éden

Le septième jour : v. 1-3
1 Et les cieux et la terre furent achevés, et toute leur armée*.
2 Et Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il fit ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il fit.
3 Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia ; car en ce jour* il se reposa de toute son œuvre que Dieu créa en la faisant.
— v. 3 : "litt." : en lui.

Ce jour-là l'oeuvre est achevée, en particulier la création de l'armée des cieux. Dieu nous dit très peu de choses de cet infini de galaxies, témoignage de la gloire divine; car ce n'est pas devant les choses créées que l'homme doit se prosterner (comme il le fera bientôt) (Deut. 4:19; 2 Rois 17:16), mais devant le Créateur.
Dieu donc se repose de toutes ses oeuvres au septième jour (Héb. 4:4); il peut le faire car tout est conforme à son plan initial, il n'y a rien à reprendre et rien à ajouter; la perfection est le propre du travail divin.

Le repos sabbatique

Mais Dieu désire que l'homme entre dans ce repos-là. Adam n'y entrera pas; il accomplira un certain travail en Éden, mais sans fatigue. le repos de Dieu est pour un temps futur. Ayant en vue ce jour-là, Dieu bénit et sanctifie le septième jour. Il le met à part comme lui étant consacré et le proposera à son peuple Israël pour le sanctifier à son tour. Il sera donné par la bonté du Dieu créateur pour le soulagement de son peuple après le travail des six jours (Exode 20:8-11). De plus, il sera le gage que le Dieu rédempteur, miséricordieux et fidèle, introduira selon sa promesse un peuple délivré de la servitude dans le pays du repos (Deut.5:12-15). Mais ce peuple va faillir, d'où cette sanction divine : "S'ils entrent dans mon repos" (Héb. 4:6). La fidélité de Dieu permettra cependant que son peuple terrestre connaisse ce repos sabbatique dans un temps encore futur. Les chrétiens, peuple à vocation céleste, entreront aussi dans le repos de Dieu, mais, par la foi, ils goûtent déjà sur la terre une anticipation de ce moment bienheureux (Héb.4:3,11).

L'Éternel Dieu, la terre et l'homme : v.4-7

4 Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés, au jour que l’Éternel* Dieu fit la terre et les cieux,
5 et tout arbuste des champs avant qu’il fût sur la terre, et toute herbe* des champs avant qu’elle crût ; car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le
sol ;
6 mais une vapeur montait de la terre et arrosait toute la surface du sol.

A partir du verset 4, Dieu prend le nom d'Éternel Dieu, un nom de relation avec l'homme. Il est le Même, tout en agissant et gouvernant dans le temps. Il prend soin de la terre et entretient la vie végétale par une vapeur montant du sol béni; plus tard la bénédiction viendra du ciel, de "la pluie des cieux" (Deut. 11:11). Puis il place l'homme qu'il a formé dans le jardin d'Éden.

7 Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante.

Le verset 7 met en évidence à la fois la petitesse et la grandeur de l'homme, "poussière et cendre", comme le dira Abraham en Genèse 18:27. "Le premier homme est tiré de la terre, poussière" ( 1 Corinthiens 15:47). Cette pensée entre dans la louange du psalmiste (Ps.103.14) et doit s'inscrire dans celle de tout racheté.
Quel contraste avec le second homme, venu du ciel, mais qui a bien voulu être fait à la ressemblance des hommes : il s'est anéanti, pour prendre en main leur cause et les sauver! Il n'est pas retourné à la poussière; il n'en avait pas été tiré, et ne méritait pas cette sentence. Il a laissé sa vie, puis il l'a reprise; son corps, glorieusement ressuscité, n'avait entre-temps connu ni la corruption, ni la poussière.

Le souffle de Dieu : v.7
7 Et l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol, et souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante.
- Dans cette première création, l'homme devient une âme vivante (v.7) (1 Cor. 15:45),par le souffle de Dieu. cela le distingue de l'animal, et lui donne sa dignité et sa responsabilité : il est la race de Dieu (Actes 17:29). Cela reste son privilège malgré sa déchéance et son éloignement de Dieu ; il lui reste toujours un chemin tracé pour se souvenir de son Créateur et revenir.
- Le chrétien, lui, reçoit comme les disciples au soir de la résurrection, le souffle de Dieu, l'Esprit de Christ ressuscité. Il devient une nouvelle création (2 Cor.5:17), car Christ est un esprit vivifiant; il donne la vie éternelle.
- L'Assemblée, peuple de Dieu actuel, est formé depuis la Pentecôte par le souffle vital du Saint Esprit (Actes 2:2).
- Le peuple futur, Israël, moralement restauré, connaîtra par ce même souffle divin une merveilleuse résurrection nationale (Ézéchiel 36.24-27; 37:5).

Éden : v.8-14

8 Et l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden*, du côté de l’orient, et il y plaça l’homme** qu’il avait formé.
9 Et l’Éternel Dieu fit croître du sol tout arbre agréable à voir et bon à manger, et l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.

Dieu plante un jardin de délices pour le bien-être de sa créature, du côté de l'orient, donc du soleil levant. C'est de là qu'un jour, l'homme devenu pécheur verra venir à lui "l'Orient d'en haut" comme Sauveur (Luc 1:78). Au milieu du jardin, Dieu fait croître l'arbre de vie; il place aussi l'arbre de la connaissance du bien et du mal, dont Adam ne doit pas manger. Après la chute d'Adam, le chemin de l'arbre de vie sera fermé dans l'Éden terrestre, pour que l'homme ne soit pas à la fois pécheur et immortel. En proverbes 3"18, la sagesse est comparée à "un arbre de vie pour ceux qui la saisissent; et qui la tient ferme est rendu bienheureux". Christ est la vraie sagesse de Dieu; il est cet arbre de vie. Dans le paradis céleste, on retrouve l'arbre de vie. Il offre son fruit béni au vainqueur (Apoc.2:7; 22:2).

Le fleuve d'eau vive : v.10-14

10 Et un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait et devenait quatre rivières*.
— v. 10 : "litt." : têtes.
11 Le nom de la première est Pishon : c’est elle qui entoure tout le pays de Havila, où il y a de l’or.
12 Et l’or de ce pays-là est bon ; là est le bdellium* et la pierre d’onyx**.
— v. 12* : "sorte de" résine ( ?). — v. 12** : "ou" : béryl.
13 Et le nom de la seconde rivière est Guihon : c’est elle qui entoure tout le pays de Cush.
14 Et le nom de la troisième rivière est Hiddékel* : c’est elle qui coule en avant vers Assur**. Et la quatrième rivière, c’est l’Euphrate***.
— v. 14* : le Tigre. — v. 14** :" ou" : Assyrie. — v. 14*** : "en hébreu" : Phrath.

D'Éden sort un fleuve qui se divise en quatre rivières. Deux sont connues et situent bien le premier séjour de l'homme sur la terre; deux ont disparu et sont symboliquement présentées pour notre enseignement. Ces quatre courants d'eau (littéralement quatre têtes) sont une figure de la grâce divine qui s'étend vers le monde entier, pour une bénédiction universelle :
- Le Pishon coule vers le pays de l'or. Il symbolise la grâce fondée sur la justice divine.
- Le Guihon entoure le pays de Cush (en hébreu : noir), donc la lointaine Éthiopie. Nous pouvons y voir l'étendue de la grâce de Dieu.
- Hiddékel coule vers Assur (10:11), nation violente et ennemie de Dieu. N'est-ce pas une figure de la grâce de Dieu "apparue à tous les hommes"?
- L'Euphrate est le "grand fleuve" (15:18), donc une provision pour tous. La grâce est aussi cela; mais l'eau du fleuve un jour tarira (Apoc. 16:12). Demain le temps de la grâce aura sa fin; Dieu lui assignera un terme.
Du trône de Dieu sortira un fleuve qui ne tarit pas, éclatant comme du cristal, d'une pureté inaltérable (Apoc. 22:1). Les rachetés s'abreuveront à ce "fleuve des délices" divines.