(article)

 

DES RAMEAUX À LA RÉSURRECTION

 

par Paul de Velse

 

Copyright 2003

 

(texte reproduit à partir d'un enregistrement audio de L'APLC)

 

 

 

À partir du moment où Jésus entre dans Jérusalem, les événements se précipitent. Les chefs des prêtres et les docteurs de la Loi ont décidé de l'arrêter, de le juger, et de le condamner à mort. Mais le peuple, enthousiasmé par la réputation de Jésus, ce surhomme capable de nourrir des foules de guérir des incurrables et même de ressusciter des morts, espère avoir enfin découvert le grand roi d'Israël promis par les prophètes, celui qui doit délivrer son peuple de l'occupation romaine et lui rendre honneur puissance et gloire.

 

Or, la prophétie de Zacharie se réalise: "Voici, ton roi vient à toi. Il est juste, victorieux et humble. Il est monté sur un âne, sur un ânon (le petit d'une ânesse).". Aussitôt, la foule s'élance au-devant du roi. Elle agite des branches de palmier, elle étend des vêtements sur la route ; tous crient "Hosanna au fils de David ! Que Dieu bénisse le royaume qui vient, celui de David notre ancêtre ! Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur !".

 

Comment cette foule enthousiaste a-t-elle pu, en quelques jours, devenir un jouet aux mains des grands prêtres, une masse fanatisée hurlant sa haine meurtrière et exigeant de Pilate (le gouverneur exécré) la libération d'un bandit et la crucifixion d'un juste ? Et pourtant... Jésus n'était-il pas toujours à leurs yeux le guérisseur, le faiseur de miracles, le Maître qui prêchait l'amour du prochain et le pardon ?... Oublié tout cela... Le peuple avait rêvé de tout autre chose: le retour immédiat de sa grandeur passée, de la liberté et du bien-être perdus. L'écroulement de son rêve avait transformé l'enthousiasme en fureur homicide.

 

Ce retournement brutal de la foule, nous fait redécouvrir que la foi, la confiance, la fidélité, ne peuvent s'enraciner profondément à la suite d'un miracle ou d'un signe. Toujours, le doute parvient à s'insinuer, minant à la base ce qui paraissait une certitude solidement fondée.

 

Rappelons-nous l'histoire étonnante de Jean le Baptiste. Qui, au bord du Jourdain, accueille, en Jésus, le Messie. Qui, après l'avoir baptisé, entend la voix venant des cieux déclarer: "Celui-ci est mon Fils bien-aimé.". Jean qui, sans aucun doute, a entendu parler des miracles et de l'enseignement de Jésus ; or, voici que dans la prison où Hérode l'a enfermé, il se met à douter, malgré tous les signes qu'il a reçu. Il envoie ses disciples demander à Jésus "Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?".

 

Le doute qui vient ronger l'âme de Jean le Baptiste et le retournement de la foule de Jérusalem, tout cela vient nous rappeler que la foi ne naît pas d'un signe, mais bien d'une rencontre intérieure avec le Christ.

 

Car l'esprit humain est ainsi fait que, toujours, il remet en question la réalité et le sens de ce qu'il a vécu. "Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru", dit Jésus à Thomas. En effet. Thomas avait bien entendu le récit de ses compagnons, il les savait dignes de confiance. Et pourtant, il s'était dit incapable d'asseoir une foi inébranlable sur leurs seuls témoignages ; il lui fallait une rencontre avec Jésus.

 

Cette rencontre, nous sentons nous aussi combien elle nous est nécessaire. Or Jésus nous l'a dit: "Je suis avec vous tous les jours. ... Je suis à la porte et je frappe. Si quelqu'un m'ouvre sa porte, j'entrerai chez lui et je prendrai la Cène avec lui.". Partageons donc avec Jésus, dès aujourd'hui, le festin du Royaume, sachant que notre Père nous attend au seuil de Sa demeure, plein d'amour et de miséricorde pour les enfants prodigues que nous sommes !