LES LEÇONS DU JOUR DES MÈRES

par Ana Rosa Chaviano



L'UN des séismes les plus tragiques du vingtième siècle fut celui du 31 mai 1970 qui frappa les villes de Yungay et Ranrahirca, département d'Ancash, au Pérou. La secousse fut dévastatrice. La désolation et la douleur qu'elle entraîna restent inénarrables.

Lorsque les sauveteurs pénétrèrent dans la zone du séisme, ils se trouvèrent face à des ruines et à des décombres au lieu des villes pittoresques qui s'étaient élevées à cet endroit. Ils entendirent les plaintes et les lamentations de milliers de blessés. Ils furent confrontés au silence de la mort.

Au sein du chaos et de la confusion, quelqu'un entendit les très légers gémissements d'un bébé. Les sauveteurs se mirent à fouiller prudemment parmi les décombres. En se rapprochant des petits cris, ils restèrent cloués sur place devant l'horreur du tableau qui se présentait à eux. Le tremblement de terre avait ouvert de profondes crevasses qui en se refermant avaient écrasé plusieurs personnes à mort. Parmi elles, émergeant d'une crevasse qui s'était refermée, on voyait deux bras paralysés par la mort qui soutenaient un bébé au niveau du sol. C'étaient les bras d'une mère qui avait dépensé ses dernières forces dans un effort désespéré pour sauver la vie de son enfant.

En un monde comme celui d'aujourd'hui, déchiré par les controverses religieuses, financières, sociales et raciales, nous sommes encore une majorité à rester d'accord sur la valeur indiscutable de la mère.

Les enfants vont auprès d'elle pour trouver refuge et consolation. Les plus âgés se souviennent de celle qui depuis bien longtemps déjà n'est plus avec eux. Les hommes lui doivent la vie, puis deviennent parents à leur tour grâce à elles. Et laplupart des femmes ont la double expérience d'avoir eu une mère avant de devenir mères à leur tour.

Ce fut le dévouement de nombreuses mères de la Bible qui permit que leurs fils et filles soient en bénédiction à l'humanité. Qu'aurait été Samuel sans Anne ? Moïse sans Jokébed ? Jean-Baptiste sans Élisabeth ? Timothée sans Eunice ?  Nous avons aussi l'exemple de nombreuses mères de l'histoire qui ont élevé des fils et des filles admirables :  Abraham Lincoln, les frères Wesley, les frères Maceo, Golda Meir et bien d'autres.

Depuis la création, les mères ont eu une place très spéciale sur la terre. Adam appela son épouse Ève, ce qui signifie " mère de tous les vivants " (Genèse 3.20).

Par l'intermédiaire des mères, Dieu nous enseigne de nombreuses qualités, non seulement nécessaires pour la vie quotidienne, mais aussi essentielles pour connaître le caractère du Créateur.

Nous apprenons de notre mère :


Le pardon


N'avons-nous pas souvent blessé notre mère, peut-être en oubliant d'écrire une lettre, ou en omettant des paroles aimables, ou par nos révoltes d'adolescents ? Elle nous a pourtant pardonné. Elle a oublié nos erreurs. Grâce à elle nous apprenons que Jésus pardonne. Christ n'a pas seulement pardonné le reniement de Pierre, il a pardonné à ceux qui le crucifiaient. Il a prié pour ses bourreaux.

" Quel Dieu est semblable à toi, qui pardonnes l'iniquité, qui oublies les péchés du reste de ton héritage :  ... Tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés. " (Michée 7.18,19).

La compassion Il est écrit dans la Bible :  " Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin " (Lamentations 3.22,23). La bonté et la bienveillance de la mère pour ses enfants ne se renouvellent-elles pas aussi chaque jour ?


L'abnégation


La mère ne recule pas devant les risques s'il s'agit de sauver ses enfants. Nombreux sont les récits de gestes héroïques, des mères qui se lancent au milieu des flammes pour sauver un petit enfant endormi dans son berceau. Des mères qui en apprenant qu'elles ont contracté le cancer font l'impossible pour préserver la vie du petit qu'elles attendent. Des mères qui se privent pour assurer la nourriture de leurs enfants. Des mères qui déjà âgées aident leurs fils et filles adultes à s'occuper de leur famille. Des mères qui se lèvent à l'aube pour faire la lessive et gagner de quoi nourrir leur famille.

L'abnégation et l'humilité des mères sont illimitées. Leur vie reflète le sacrifice de Jésus pour les habitants de la terre. Il est écrit dans la Bible que Christ " s'est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes ; et il a paru comme un vrai homme, il s'est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu'à la mort, même jusqu'à la mort de la croix. " (Philippiens 2.7,8).


L'amour


La mère aime son enfant, qu'il soit prisonnier ou président. Dieu aime les hommes et les femmes, sans distinction. Une fillette disait :  " Maman et Dieu sont pareils. Ils savent tout sur nous, et ils nous aiment quand même ". Au Pérou, une mère mourante lève les bras bien haut pour sauver son bébé. Notre Rédempteur tendit les bras sur la croix du Calvaire pour assurer notre salut. " Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. " (Jean 3.16).

Oh ! merveilleux amour ! Oh ! sublime amour ! Cette année, pour le jour des mères, n'oubliez pas de rendre hommage à celle qui vous a donné le jour. En même temps, levez les yeux au ciel et rendez grâces à Dieu pour son amour, qui surpasse même celui d'une mère. " Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle aime ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, moi je ne l'oublierai point. " (Ésaïe 49.15).